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L’homme qui murmurait à l’oreille de Samsara

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 21 mai 2008 à 17:05
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L’homme qui murmurait à l’oreille de Samsara
Le spectacle est construit sous la forme de tableaux vivants et lumineux et allie la poésie, la narration, la danse, la musique et l’art équestre. Ce n’est toutefois ni un spectacle équestre, ni une fable religieuse. (Photo: Courtoisie)
L’homme qui murmurait à l’oreille de Samsara
Une terrasse d’un café de l’avenue rue Bernard. Le murmure joyeux de la foule urbaine du vendredi après-midi, à quelques heures du long congé. Une rencontre. Une discussion inspirante avec Gérard Huc, cavalier au long cours et une des âmes derrière le projet Samsara, ballet équestre unique qui se pose au Théâtre Outremont (1248, avenue Bernard Ouest) ce soir seulement à 20h.
Un sitar, un tabla, un violon, un violoncelle, cinq danseuses, une conteuse et un cheval magnifique du nom de Samsara investiront la scène pour cette supplémentaire montréalaise d’une œuvre qui a eu des critiques dithyrambiques un peu partout sur son passage, de la France à la Belgique, en passant par le Luxembourg, la Hollande et le Québec.

«Le spectacle est né de la rencontre avec mon épouse Nadi Malengreaux, relate M. Huc. Elle était une ancienne danseuse de chez Maurice Béjart, Martha Graham et Pina Bausch. Elle a cette sensibilité que j’aime et nous nous sommes rapidement aperçus que nous parlions le même langage.» L’amour de la danse de l’une et la passion du cheval de l’autre, additionné de leur coup de foudre amoureux et artistique font que depuis 2000, un spectacle tel que Samsara existe.

La sublime jument à la robe blanche a été découverte en banlieue de Bruxelles. «C’est un cheval magnifique, elle a une aura, elle a quelque chose. Quand je l’ai rencontré, elle m’a regardé, m’a dévisagé des pieds à la tête, et c’est comme si elle m’acceptait. C’est difficile d’expliquer ce qui s’est passé, mais c’est une grande histoire d’amour, de confiance, de respect. Elle me suit en avion, dans un ascenseur, sur une scène. […] On a appris à se connaître en respectant l’autre avec ses qualités, ses défauts, ses forces, ses faiblesses», raconte l’homme à la sensibilité et à l’humanisme désarmants. Tous deux bouddhistes, Gérard Huc et Nadi Malengreaux passent aussi beaucoup de temps à redonner aux autres, à se consacrer à ceux qui en ont besoin, bien souvent avec Samsara. «Nous sommes un vieux couple, Samsara et moi», rigole M. Huc.

Le conte chorégraphié est tiré d’une histoire d’Ève Ricard, la sœur de Mathieu Ricard, moine bouddhiste québécois proche du Dalaï-Lama et que M. Huc et sa conjointe connaissent bien. Il est inspiré des Contes de Jataka, contes traditionnels tibétains et relate l’une des vies de Bouddha à travers les cycles des vies et des morts, appelés Samsara, en sanskrit.

Le spectacle est construit sous la forme de tableaux vivants et lumineux et allie la poésie, la narration, la danse, la musique et l’art équestre. Ce n’est toutefois ni un spectacle équestre, ni une fable religieuse. «Ce n’est pas du tout religieux. Ça relate notre vie à tous. À travers notre vie, nous allons vivre tout plein d’expériences.[…] On se laisse pénétrer par le conte, les gens qui sortent du spectacle sentent qu’il s’est passé quelque chose», explique Gérard Huc.

Au fil de la rencontre, il appert que Samsara est à l’image de sa troupe. Ouverte, contemplative, empathique, introspective. Tout au long de l’entrevue, le cavalier, accompagné de son organisateur et ami outremontais, Raymond Décary, évoque des anecdotes touchantes, des rencontres avec son public, raconte des histoires qui montrent à quel point il faut être à l’écoute des signes.

Après Samsara, l’équipe prévoit présenter Sam Tcheu dès l’automne en Europe. Une autre œuvre mettant en vedette le cheval, mais cette fois-ci la peinture, le rire, l’art du bâton, la philosophie et les arts martiaux et le Japon sont au centre du spectacle. La direction musicale avait été confiée à l’origine au percussionniste Pierre Narcisse. Un accident cardio-vasculaire a empêché l’artiste, aujourd’hui paralysé, de continuer. Ce spectacle alors en veilleuse est maintenant ravivé par l’épouse de M. Narcisse. Un autre signe que la vie envoie?

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