De la séduction sexuelle
Des féministes bornées —et autres énervés des deux genres— parlent ces temps-ci d’une théorie (!) néfaste: la séduction juvénile chez des adolescentes. Allons, il ne s’agit pas d’une théorie, il s’agit d’un vieux besoin, d’un instinct: attirer, séduire le mâle. Cela vient du fond des âges, des débuts des civilisations. C’est tout entendu, ce très antique instinct a mué. Oh oui! Les temps modernes y ont mis bien du piquant. Les temps actuels connaissent même du dérapage. Des exagérations qui offusquent les gens de bon sens. On n’a pas tort de mettre en garde de jeunes fillettes déguisées bien tôt en aguicheuses de garçons.
Il y a le monde du commerce aux attrayants colifichets variés qui collabore, qui contribue volontiers, il y va de son intérêt financier, aux pétaradantes modes en cours. Reste que plaire, séduire, sont des besoins fondamentaux. On perdrait son temps à souhaiter le retour de la retenue d’antan, de la modestie, du bon goût, de l’intelligence. Notre époque veut confondre "sex appeal" et appâts de jeunes «grues». Les allures de putes amusent une couche de la population, la plus fragile, la moins instruite et, conséquence, la plus vulnérable. On verra donc de ces très jeunes filles soumises aux commandements folichons d’une séduction vulgaire. Clinquante. Se transformer en simples objets à collectionner, à user vite fait. Plus tard, on les entendra, vieillies, solitaires, se lamenter: «Pas d’amour, jamais, nulle part!»
Nos joyeuses jeunes drilles de 2008 auront 50 ans un jour et il y aura «le retour du réel». Inévitable. Pour avoir voulu vider la sexualité de tout sentiment, de la moindre émotion humaine, ce sera un goût de cendres aux bouches siliconées ridées, la défaite et l’échec regretté. Des cendrillons anciennes aux maquillages défaits pourront pleurer, il sera tard. Trop. Les humains doivent rester des humains. Jouer la bestialité, l’arrogance des unions d’un seul soir —sacrifice consenti aux dieux de la consommation— juste des frictions d’organes en chaleur… c’est se mépriser.
Une réforme doit désormais s’enseigner dans les familles. Et dans les écoles! Car les familles sont si souvent des lieux (non plus d’éducation sociale) mais de passages rapides —bonjour-bonsoir!— pour bouffer vitement, regarder la télé et l’ordi et puis dormir. Toujours, au fond, la quête de reproduction.
Le Conseil du statut de la femme a mille fois raison d’y voir (la mode fillettes en putes) une dégradation. Le mot morale est tabou, on le sait, il s’agit de bien davantage, de bien plus grave, il s’agit d’abrutissement collectif. Joint au silence froussard complice ( inconscience!) des laxistes que sont les parents déboussolés, ce mutisme pour ne pas paraître scrupuleux, prudes, anciens, est un crime. Ils vont payer très cher cet aveuglement. Pascale Navarro, l’auteure, a bien fait d’alerter un féminisme niais, trop empressé de condamner les méchants hommes. Elle insistait: les garçons sont jetés dans ce même moule trompeur du devoir con de séduire vite et à tout prix. De performer. Des industries, avec les médias qui veulent des annonceurs, font en sorte que cette course occidentale au plaisir (faute de bonheur durable), fait mousser sans vergogne cette crise. L’argent coule. L’Inde comme la Chine vont y venir dans moins de temps qu’on pense. Le gâchis social sera alors vraiment universel et les dégâts —pire que l’environnement menacé— seront planétaires.
L’écologie importe, importe aussi de réagir: réformons, crions d’insatisfaction, osons punir, dégageons nos fillettes de ce joug pernicieux. À bas le laxisme des lâches. Agissons chacun dans notre secteur. Il y a urgence. Il en va d’un avenir neuf, d’une humanité délabrée. Tout entière.