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Une maison pour les enfants maltraités

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 4 juillet 2008 à 8:08
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Une maison pour les enfants maltraités
Me Jean Saint-Onge, président des conseils d’administration de la Fondation Marie-Vincent et du Centre d’expertise Marie-Vincent, et Pierre Bérard, trésorier de la Fondation Marie-Vincent, ont dévoilé la plaque commémorant le don de la Fondation immobilière de Montréal. (Photo: Éric Carrière)
Une maison pour les enfants maltraités
Les enfants de moins de 12 ans victimes de sévices bénéficieront désormais d'une panoplie de services spécialisés sous un même toit. La nouvelle Maison Huguette-Bertrand de la Fondation Marie-Vincent, qui vient d'ouvrir ses portes sur le Plateau, réunit dans un même lieu des services d’intervention, de sensibilisation et de recherche destinés aux enfants maltraités.
Inaugurée le 12 juin dernier, la Maison Huguette-Bertrand regroupe les nouveaux locaux de la Fondation Marie-Vincent et du Centre d'expertise Marie-Vincent, et la Chaire interuniversitaire Marie-Vincent. Elle met ainsi à la disposition des enfants victimes d'abus sexuels et physiques et aux parents dans le besoin une panoplie de services spécialisés.

Tout est disponible, sur place, pour intervenir de façon professionnelle auprès des enfants victimes de sévices sexuels. Un examen médical peut être réalisé à même les locaux. De plus, les enfants n’ont plus à se rendre dans un poste de police, puisque des agents du Service de Police de la Ville de Montréal seront également présents.

L'équipe de psychologues, sexologues et travailleurs sociaux accueille en moyenne chaque semaine une soixantaine d'enfants, qui reçoivent des traitements spécialisés pouvant s'étendre sur une quinzaine de semaines. En 2007, 200 jeunes ont été traités au Centre.

La Chaire interuniversitaire, également sur place, effectuera des recherches sur les cas de maltraitance. Cette proximité permettra de développer des activités et des services conjoints entre les services et de favoriser le partage d’expertise, a indiqué Me Jean Saint-Onge, président des conseils d’administration de la Fondation Marie-Vincent et du Centre d’expertise Marie-Vincent. Selon Statistique Canada, 40 000 enfants seraient victimes d’abus sexuels ou physiques chaque année.

Le projet a pu se concrétiser grâce à un don de 445 000$ de la Fondation immobilière de Montréal, qui soutient les besoins immobiliers d’organisme voués aux jeunes. La Maison Huguette-Bertrand porte le nom d'une bénévole qui a consacré une grande partie de sa vie à la cause des enfants maltraités.

(Photo: Éric Carrière)
La maltraitance envers les enfants reste un tabou
Si la majorité des adultes se disent prêts à encourager un enfant victime d'une agression sexuelle ou de violence physique à parler, près de la moitié d'entre eux promet de ne rien faire si l'enfant leur demande de se taire.
C'est ce que révèle un sondage commandé par la Fondation Marie-Vincent et réalisé entre avril et mai dernier auprès d'un millier de Québécois. L'organisme qui se consacre à la maltraitance envers les enfants s'est penché sur les raisons qui incitent un adulte à faire le silence sur une agression après avoir reçu des confidences d'un jeune.

Le désarroi devant la détresse de l'enfant, la peur du processus judiciaire ou de devoir témoigner face à une personne que l'on connaît, le doute envers la parole de l'enfant ou encore la volonté de couvrir un adulte font partie des nombreuses raisons qui poussent les personnes à se taire, selon Claude Girouard, chef de programme enfance-famille, jeunesse et santé mentale au CSSS de l'Ouest de l'île et membre du conseil d'administration de la Fondation Marie-Vincent.

Comme dans 84 % des cas, l'agresseur est connu de l'enfant, les adultes préfèreront tenter de régler la situation sans faire appel aux autorités.

Dans les cas d'agressions sexuelles, 78 % des personnes attendent d'avoir recueilli plus d'indices avant de faire un signalement.
Que faire?
Afin d'assurer la sécurité de l'enfant, il vaut mieux alerter les autorités le plus rapidement possible plutôt que de questionner davantage l'enfant ou de tenter d'enquêter soi-même, recommande M. Girouard.

«Un tel comportement peut être préjudiciable pour l'enfant, car son récit risque de se modifier au gré des réactions des adultes qui l'écoutent. Lorsque l'enfant victime de violence demande à l'adulte de conserver le silence, ceci doit être perçu comme un signal de peur et de détresse.»

La Fondation rappelle que toute personne a l'obligation légale et morale de signaler sans attendre la situation d'un enfant lorsqu'il existe un motif raisonnable de croire qu'il est victime de mauvais traitements.

(CLH)

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