«Tu seras un cyborg, mon fils!»
Deviendrez-vous un humain de type cyborg? Pas mon petit-fils, peut-être le petit-fils de mon petit-fils. Il sera mi-chair, mi-métal! Qui n’a pas un ami ou un voisin vivant avec un implant sous la poitrine? Cette personne, n’est pas encore un cyborg, mais… Que d’espoirs triomphalistes de centaines de membres du "World Transhumanist Association", la WTA, avec publications et congrès annuel.
À travers l’Occident — plus nombreux aux "USA" — il y a donc de ces associations savantes qui promeuvent la venue, souhaitable à leurs yeux, du robot humain. Du cyborg. Ils disent qu’il est plus que temps de changer de cycle, qu’il est dépassé l’homo sapiens. Que l’on devrait dater chaque nouvelle année non plus à partir d’un religieux nommé Jésus, mais de l’année de naissance d’Einstein. Ou de Newton. Ou de Darwin. Ce nouvel an un pourrait être l’année de la découverte de l’ADN ou du premier-né in vitro ou de «l’année où l’homme a pu cloner un animal!»
Des scientifiques venus de Princeton ou du MIT, oui, oui, veulent stimuler l’avènement des technologies de pointe. Ils applaudissent par exemple à ces implants — nommés cochléaires — pour faire entendre les sourds! Ils se disent des posthumanistes et guettent la venue (on y travaillerait) de la mise au point de lunettes munies de microcaméras avec puce, capteur et antenne pour que les aveugles voient! Aux yeux de ces chercheurs — une douzaine de laboratoires — l’homme nouveau sera cyborg. Ou ne sera pas.
Les améliorations biologiques s’offriront à tous. Le nouvel appel? Cyborgs du monde entier, unissez-vous! Le marxisme ouvriériste est mort et enterré bien entendu. Ces hérauts invoquent, évoquent, de vieux mythes antiques: la quête lancinante de l’immortalité. Ils dénichent des propos transhumanistes autant chez un ancien comme Descartes ou avec le moderne astrophysicien, Hawking. «Personne ne veut mourir», dit la chanson. Cependant, des humanistes redoutent des dérives. Un savant comme Francis Fukuyama tient son pied sur le frein et fait enrager ces scientifiques. «Des inconscients», dit-il. «C’est une chose de vouloir choisir le sexe de son enfant, c’en est une toute autre de vouloir le "cloning" de reproduction, technologie pas encore au point. Même le "cloning" dit géniticothérapique, le recours aux cellules souches, ne fait pas l’unanimité. Le posthumaniste rétorque: «La myopie fut corrigée par les lunettes? Pourquoi craindre le progrès?» Il y a ces OGM montrés comme le formidable secours de l’humanité pauvre… ou condamnée. C’est selon ses exigences face à l’éthique? N’en doutez plus, conservateurs timorés, il y aura le «HOG», l’homme modifié génétiquement. Place à la nanorobotique qui est l’avenir, affirment-ils. Selon ces scientifiques le nouvel humain peut «déjà» songer à vivre au-delà d’un siècle! Croire à une longévité assistée (!). C’est pour 2050, certains avancent même 2020. Demain.
L’homme implanté de toutes parts, va survivre. Les réticents s’effraient: «Attention: délicat de tripoter les gènes. En attendant l’immortalité, il y a l’amélioration des vieilles conditions de la vie humaine actuelle. Il y aura des comprimés, des pilules magiques. Dope? Des transhumains souhaitent l’audace là aussi. Des molécules nouvelles seraient un apport merveilleux. Fin des «puritaines» condamnations, disent-ils. L’homme fait bien de s’aider, la chimie révolutionnaire est là pour collaborer à… la survie. Emparons-nous, disent ceux de WTA, de la nouvelle pharmacie. Suffit pas de combattre la démence ou le diabète, combattons la mort. Des psychotropes qui conserveraient la vie plus longtemps, et pas seulement pour des Jeux olympiques, pour résister à la mort. Le grand but des posthumains: «tuer la mort». Tout le monde dresse l’oreille, car qui accepte avec plaisir de mourir?
Claude Jasmin
Commentaire mis en ligne le 19 septembre 2008Réplique de JASMIN:
M. Robitaille a bien raison. En effet, ma chronique sur "le cyborg" a pigé un tas d'infos dans son excellent petit livre. Cela dit, son auteur doit bien comprendre que mon texte vient aussi d'un tas d'autres lectures. L'espace est parcomonieux et très serré, compté, au domaine des imprimés, de là le fait que je n'ai pas cité mes sources dont son très captivant bouquin. Excuses.
C. Jasmin