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Les maudits «zartisses»?

par Claude Jasmin
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Article mis en ligne le 26 septembre 2008 à 8:35
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Les maudits «zartisses»?
Étant une sorte d’autodidacte, m’étant débrouillé seul, sans aide de l’État, venant d’une chétive époque où l’on ne subventionnait guère —pas du tout le plus souvent — les artistes, oui, je reste tiède face aux actuelles protestations des artistes scandalisés. D’autre part, d’entendre certains loustics fesser avec rage contre les artistes —tous des «pourris-gâtés-le-ventre-plein»— relève quasiment d’un racisme.

Bon, reste que le milieu passe aux attaques furibondes contre Harper et Cie et on découvre d’étranges visages. Un exemple: un vidéo-clip avec Michel Rivard, sur Internet, montre des jurés —anglos unilingues— qui méprisent les nôtres alors que les coupures «harpériennes» se font pourtant d’un océan l’autre. Dans une coulisse de studio télé —Deux filles le matin à TVA— j’ai osé aborder un angle de la situation avec un ex-président de l’Union des artistes. À savoir que des jurys de petits copains avec des bureaucrates complaisants (de mèche avec ces chapelles ardentes) subventionnent des artistes qui n’ont jamais réussi à se constituer le moindre public, à captiver une toute petite part de ces «cochons-de-payeurs de taxes». Les ordinaires travailleurs. Ainsi on assiste, encourage —subvention après subvention— des gens dénués du moindre talent, qui sont et restent de parfaits inconnus. Et cela, souvent, depuis des décennies d’activités car «leurs entreprises d’art » ne captivent absolument personne. Mon cher Pierre Curzi grimpa sur ses ergots pour me chicaner.

On a alors l’impression qu’il faut défendre tous les créateurs. Même ces inventeurs d’objets (peinture, sculpture, danse, etc.) qui laissent tout le monde… de glace. Soutenir un (ou une) débutant, oui et oui! Soutenir, échec après échec, des incapables, des ratés à bons contacts, à réseau utile, non et non. Lorsque vous lisez les listes des bénéficiaires de subventions (essayez-ca!) soit pour des colloques-séjours-séminaires-résidences et autres appellations cocasses, soit pour des ateliers-expos-salons-représentations, vous découvrez, stupéfaits, des tas de gens complètement «inconnus au régiment» mais qui font carrière en «subventionnite»,

genre «mon art égotiste ne concerne que moi».

Si on me dit: Jasmin-jaloux! Ou vieux gaillard-à-plume envieux, qui a réussi à se bâtir une réputation d’écrivain prolifique —contestée car j’ai des contempteurs. Cela sans jamais, quêter bourses, subventions et/ou voyages culturels aux frais de la population. Eh bien, oui, c’est un fait et facile à vérifier. Je rétorquerai en outre que je n’éprouve aucune jalousie, ni pour un brillant et surdoué Robert Lepage, ni pour le fameux Cirque du Soleil (à ses débuts), ou face au fait que l’on a subventionné l’original troupe du La La La Human Step ou l’étonnant spectacle de L’histoire de l’oie.

Il y a seulement un fait têtu: les conservateurs en campagne, les Josée Verner auraient-ils été informés? Quoi? La question se pose. Un bureaucrate honnête, (il y en a parfois) a vu le tableau noir des artistes-imposteurs et aurait coulé des infos? Ça se peut? Les a-t-on mis au courant qu’il y avait au chic domaine-des-subventionnés-chroniques d’hénaurmes gaspillages? Que dans ces officines du favoritisme artistique, patronage connu, l’on y trouvait pleins de nids où grouillent des artistes-fumistes. Ça existe, en quantité, des ratés, des impuissants incapables de communiquer le moindrement. Des parasites, mon cher Curzi, —disons le mot.

La tristesse de toute cette polémique? À cause du scandale de l’improductivité totale, qui a régné si longtemps —depuis que règnent des Conseils-des-arts avec leurs «gamiques» de clubs de pairs faux jurés à cliques— je crains fort qu’un gouvernement Harper, élu majoritaire, ne fasse plus rien. Rien pour stimuler les débutants. Rien pour soutenir ceux qui ont réussi avec éclat. Qui sont de brillants ambassadeurs.

Cette guerre-des-artistes m’aura permis de me vider le cœur sur le sujet subventions-bourses. C’est beaucoup. Coup de pied de l’âne quand la culture est en péril? Danger de donner des armes aux incultes? Allons: «Tu penses que le peuple ne s’en aperçoit pas», chanterait un Vigneault! J’ai parfois semé des avertissements, l’occasion est excellente pour dire aux brailards-sur-tribunes: « d’accord avec la lutte pro-culture mais si on en profitait pour y glisser un peu de lucidité, un peu de franchise, de vérités bonnes à dire en tout temps, oui?» Eh bien, ici, c’est fait.

claudejasmin@cgocable.ca

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