«Ça prend un gros orchestre avec plusieurs cors et assez de violoncelles et d'altos pour programmer ces œuvres imposantes uniquement pour les cordes ou pour les vents. Au Canada, c'est Montréal et Toronto qui ont assez de monde pour faire Zarathoustra», précise le chef Jean-François Rivest.
(Photo: Éric Carrière)
Ainsi parlait l’orchestre…
120 musiciens sur scène
Dirigés par Jean-François Rivest, l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM) et l’Orchestre symphonique du Conservatoire de musique de Montréal, présenteront deux concerts conjoints, les vendredi 28 et samedi 29 novembre à 19h, à la salle Claude-Champagne. Au programme, deux œuvres rarement interprétées du répertoire d'Arnold Schoenberg et le fameux Zarathoustra de Richard Strauss
Dès 19h, ce concert exceptionnel se divisera en trois parties. Tout d'abord, les vents, soit une cinquantaine de musiciens, interpréteront la version pour vents de «Thème et variations (op. 43a)» d'Arnold Schönberg (1874-1951) puis, du même compositeur, les cordes, soit plus de soixante musiciens, interpréteront la version pour cordes de «la Nuit transfigurée (op. 4)».
Après l'entracte, les deux formations se rassembleront pour jouer le célèbre «Ainsi parlait Zarathoustra» de Richard Strauss (1864-1949), immortalisé par les premières images du film de Stanley Kubrick, «2001, Odyssée de l'espace».
«Le choix des œuvres peut paraître ardu, mais l'objectif est aussi d'emmener ces jeunes dans une aventure à construire ensemble autour d'œuvres plus rarement présentées et qu'ils intègrent ainsi sans attendre à leur répertoire», explique Jean-François Rivest, directeur artistique et chef principal de l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM) qu'il a fondé en 1993.
«Si la Nuit transfigurée raconte une histoire d'amour romantique et met en valeur les nuances de l'interprétation, le Thème et variations est un jeu magnifique de composition, un paysage qui change constamment de couleurs.»
Quant à «Ainsi parlait Zarathoustra», Richard Strauss répondit un jour à ses détracteurs: «je me suis proposé de tracer un tableau du développement de la race humaine depuis ses origines jusqu'à la conception nietzschéenne du Surhomme.»
«Quand on veut faire de grandes œuvres comme celles-là, ça prend un gros orchestre avec plusieurs cors et assez de violoncelles et d'altos», reprend Jean-François Rivest.
«C'est donc assez rare de programmer ces œuvres imposantes uniquement pour les cordes ou pour les vents. Au Canada, c'est Montréal et Toronto qui ont assez de monde pour faire Zarathoustra. Pour d'autres orchestres plus modestes, ça prend beaucoup de surnuméraires et ça coûte très cher. On les présentera quelques fois seulement, mais on peut rarement se le permettre.»
«C'est donc très enthousiasmant, autant pour les jeunes que pour le chef, de participer à cette aventure. Ici, ces trois oeuvres permettent ainsi de faire jouer tous les instrumentistes dans chaque pupitre parce qu'il y a du travail pour chacun dans la partition. Personne n'est laissé pour compte.»
Alors, pourquoi deux soirs seulement? «En général, le classique c'est seulement un soir», répond le chef. «En faire plus devient coûteux en services annexes (salles, techniciens, intermittents, logistiques, etc.).»
Chef invité un peu partout au Canada, Jean-François Rivest a été directeur artistique de l’Orchestre symphonique de Laval pendant 10 ans. Chef en résidence de l'OSM, et assistant de Kent Nagano, il a donc l'expérience des grands orchestres professionnels. Et pourtant, vendredi et samedi, ils seront 120 étudiants…
«La beauté de la chose porte aussi sa difficulté, explique-t-il, car il s'agit de mettre ensemble une centaine d'étudiants de niveaux différents. Certains sont en 1e année et d'autres sont là depuis dix ans et préparent le doctorat. Certains viennent d'arriver, d'autres sont déjà parents. La mixité stimule la progression des uns et l'écoute des autres. Et la préparation d'une œuvre avec des jeunes procède du cheminement, et j'adore ça!»
«Il y a des traits communs entre tous les orchestres. Avec les professionnels, ils ne s'en laissent pas compter, parce qu'ils en ont vu d'autres.»
«Avec eux, ils faut savoir ce qu'on veut, mais il faut doser parce que ce sont des artistes à fleur de peau qui travaillent beaucoup. Il faut donc une sorte de finesse psychologique au milieu de ces gens passionnés par leur métier. Les jeunes, eux, ont plutôt le goût toujours de se donner beaucoup au-delà de leurs possibilités. Chez les pros, il faut doser; chez les jeunes, il faut canaliser…»
«C'était un projet exceptionnel cette année, mais Raffi Arménian, le directeur de l'orchestre du conservatoire, et moi avons décidé de le reproduire l'année prochaine, et c'est Raffi qui dirigera le concert 2009.»
«Ainsi parlait l’orchestre…», les vendredi 28 et samedi 29 novembre à 19h à la salle Claude-Champagne, 220 Vincent-d’Indy (métro Édouard-Montpetit).
12$ (10$/aînés, gratuit/étudiants). Billets au 514 790-1245, ou à la porte.
Renseignements : 514 343-6427
(Photo: Éric Carrière)