Annonces gratuites | Enchères en ligne | Appel d'offres | Emplois | Circulaires | Nos Hebdos | Interurbain | Rencontre en ligne | Weblocal
L'Express d'Outremont & de Mont-Royal
Accueil
Envoyer ce texte à un ami Imprimer cette page Réagissez à cet article

Haro sur les médias

par Claude Jasmin
Voir tous les articles de Claude Jasmin
Article mis en ligne le 29 novembre 2008 à 11:00
Soyez le premier à commenter cet article
Haro sur les médias
Je viens de lire encore une attaque contre les médias où le monde des communications est montré en noir total. Lecteurs, tous des victimes, maladive quérulence. Ça râle: cause de tous nos maux, maudits médias! Comme chez le fabuliste, puisqu’il faut l’appeler par son nom, ils n’en mourront pas tous!

Médias égalent coupables, responsables des malheurs du monde. Des Roy ou des Pratte, régulièrement, tirent sur le messager. À bas Cassandre, l’annonceur de nouvelles embarrassantes. À fusiller, au poteau!

Ainsi, Mario Roy, pourtant membre actif du «fléau» (masochiste?) vient encore de fustiger… la presse! Autre stipendié chez les Paul Marécages, père et fils, inc. en Charlevoix, André Pratte fit de même il y a peu.

Blâme étonnant contre leur propre milieu! Des éditorialistes tirent sur leurs confrères reporters de divers degrés! Haut-perchés en leurs abris, ils nous disent en pleine face que leurs confrères en tous genres sont des macaques, des ganaches! Étonnante attitude cela, non?

Mario Roy de La Presse s’attaquait donc aux «mauvaises nouvelles bien stressantes». Il terminait sa charge anti-médias par un fion étonnant: «Le Prozac a maintenant triplé chez les ados.»

Allons, les ados ne lisent guère les journaux, sont à l’Internet, non? Il ajoutait avec mépris: «Le bon peuple en redemande.» Quoi? D’avoir toujours peur? Cette hauteur, le bon peuple, plein de ces Roy et Pratte, au-dessus des mêlées, s’en prennent à «la présence médiatique et ses frissons virtuels…dans une société au fond sécuritaire, mais qu’on finira par percevoir comme la plus dangereuse, la plus violente.»

Ah! les maudits journalistes, dit cette chorale. Chez moi la lecture des gazettes le matin comme l’heure des actualités, c’est sacrée. En début comme en fin de journée, vouloir être ben informé est un préalable à la liberté.

Je connais des citoyens qui ne lisent plus les nouvelles, ni ne les écoutent à la radio, ni ne les regardent à la télé. Bâillon perpétuel mis sur la sale gueule de ces Cassandre qui nuisent au petit bonheur gaga des petits bourgeois. C’est: «Ferme-la!» Bouchons-nous les yeux et les oreilles…

Je ne suis pas sans péché. Excédé, il m’arrive parfois l’envie de fermer le clapet des déprimants. Par santé mentale, besoin d’hygiène primaire? Je résiste: il importe que le citoyen reste lucide. Et courageux, qu’il sache bien que l’humanité contient sans cesse son lot de rastaquouères vicieux.

Eh oui! Souvent c’est du Allô police sordide, à manchettes criardes avec meurtres crapuleux, assassinats lugubres, pédophilie, suicides, infanticides, viols. On peut reprocher la tendance (inévitable?) de faire belle place à ce qui va mal. On a le droit de souhaiter un peu d’espace aux bonnes nouvelles.

Mais qui n’attirent pas la foule, dit le patron. Mauvais pour nos publicitaires… Oui, souhaiter davantage de lumière sur ce qui marche bien est une chose, mais il serait tout aussi imbécile de cacher ce qui grince, loin ou ici, à Bagdad ou à Montréal.

La crainte de Roy – les jeunes déprimées – est d’une sotte bêtise. Allons, tout être humain, jeune ou non, sait faire la part des choses! La jeunesse devine, sent, sait que l’être humain est bon et sain et seuls les «professeurs de malheur» (mots de Huston) se complaisent dans le malheur.

La jeunesse sait ce qui est bien ou mal, le monde n’est ni meilleur ni pire qu’avant. Ces jeunes font face à des situations sociales inédites aux aînés. Et puis quoi? Étant optimiste de nature, je fais le pari que les jeunes sont très capables d’entendre, à 17h comme à 22h, le sombre menu des nouvelles sans sombrer dans la dépression.

Vive donc les lieux multiples où l’on append tout sur les actualités. Fin de ces époques doucereuses d’antan quand l’on dissimulait les réalités aux peuples, ces masses indignes de tout savoir.

Cessons de tirer sur les médias et foin des temps anciens aux nouvelles censurées. Seuls les aristocrates, les décideurs, détenaient du bon jugement. Démocratie exige le dévoilement des actes de nos élus. Crapules parfois, ils gouvernent masqués, au service des seuls exploiteurs.

La seule affaire à craindre est bien le silence. Assez de fesser sur les révélateurs. Songeons à cette pauvre Afrique abritant trop souvent des tyrans, despotes maléfiques, salauds de potentats tolérés faute d’information adéquate souvent.

Hélas, la puissance de certains proprios de médias en Occident peut camoufler des horreurs! À nous de veiller. Non, l’homme n’est pas un animal inquiet, mots Mario Roy, l’homme est un être qui tend à la lumière.

Faux qu’il est toujours un loup. Cette noire image est répandue par des cyniques désespérés. Avec les Albert Camus d’aujourd’hui, répétons-nous que l’homme d’instinct tient l’honneur et à la vérité.

Ces articles pourraient également vous intéresser

Vos commentaires

Nom complet:
(requis)


Adresse courriel:


Vos commentaires :
(requis)


Svp inscrire le mot affiché ci-dessus Impossible de lire le mot?

Svp inscrire le mot affiché ci-dessus:


La question du net


Liens