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Pas de petit chat pour l'enfant Jésus

par Claude Jasmin
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Article mis en ligne le 15 décembre 2008 à 19:00
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Pas de petit chat pour l'enfant Jésus
Ce jour-là, on sortait en vitesse du Pub Royal, taverne d’artistes. À côté, Ruelle de la Police (elle existe, allez-y voir), des voyous tuaient un gros – justement en ce lieu –chat de ruelle.

Trop tard pour empêcher et nous traversons la rue Guy vers le théâtre Her Majesty, démoli aujourd’hui. Y joue Louis Jouvet, gloire théâtrale et de cinéma. Le beau décor rose et gris de Christian Bérard.

Puis, on entendit «la» réplique d’Agnès-la-pas-fine au libidineux qui la questionne (L’École des femmes de Molière): «Le petit chat est mort!» Grands éclats de rire dans toute la rue Guy. Mais, coin Guy et Maisonneuve, l’ex-bon docteur de Mao, monstre totalitaire, notre communisse Norman Bethune, statufié, ne bougera pas d’un poil.

Au début du mois, dans un caniveau près de chez moi, je vois encore un chat noir. Mort écrasé. Hier matin, neige légère tombée dans la nuit, autour de chez moi, partout des empreintes de pattes… de chat! Où va-t-il? Pour qui? Pour une chatte en rut, une souris, une chauve-souris, espèce qu’on dit menacée?

Est-ce que ça existe, cela, cher Guy Mauffette, un oiseau de nuit? Ce chat de nuit rôde. Midi, à notre mangeoire picorent nos rubescents cardinaux, flammes volantes!

En visite chez son nouvel auteur, voici mon nouvel éditeur, Marcel Broquet, qui s’y connaît et, voyant la pourpre, s’en étonne. Sur ce, surgissent plusieurs dizaines de mésanges. Mon écureuil acrobatique surgit, tête levée, perd son temps à jouer le Grand Robert, hypnotiseur. Échec. Enfin, un gras geai bleu fera fuir tout ce petit monde ailé.

Enfants, nous avions une grosse minoune tigrée en cas de souris au restaurant du sous-sol. Je découvre un après-midi, journal à la main, pipe au bec, mon papa, lui, si peu affectueux, en homme de douceur: il caressait notre minoune blottie sur ses genoux. Mais que fait donc aux aurores, cher René Homier-Roy, ce tout petit chat invisible de jour?

Arrivant dans Outremont en 1985, j’en ai vu une variété, des jolis d’un type éloigné du chat de mon père. Persan ou siamois? Je n’y connais rien.

Enfant, il y avait dans ma rue la belle bête, chère Marie-Claire Blais, du notaire Corbo. Aussi ce petit minet de la belle veuve Richer. Là, rue Saint-Denis, où je n’aimais pas porter des commandes, car elle voulait toujours me palper, vérifier un je-ne-sais-quoi, un collet, une manche de chandail, ma queue de chemise sortie. Je me méfiais des femmes à 12 ans! Après, j’ai changé.

Je me questionne, qu’est-ce que je connais, moi, en pistes d’animal? Mon soi-disant chat rôdeur est peut-être ma marmotte d’en-dessous de l’escalier ou ma mouffette du porche, ou encore une ratonne-laveuse.

Oh! une image surgit: 1950 sur la Plaza St-Hubert. Qui aimait s’enrouler autour de la caisse-enregistreuse du libraire Raffin? Un très long matou. Pour l’argent? Vrai Séraphin, viande à chien! Ou pour la sonnerie? Ils possèdent des oreilles raffinées, les félins domestiques, affirmait la grande Colette.

Il y a eu des ménages heureux écrivains-chats, c’est bien connu. N’est-ce pas messire Ferdinand Céline, bougon Léautaud? D’autres!

Ah, les chats! En statues, terre cuite mexicaine ou bronze égyptien. Mythiques antiquités vénérables. Objets docile aussi ou chez des potentats de science-fiction, pauvre OO7, Bond. Ce matin encore, neuf tapis blanc qui scintille et, oui, encore ces pattes de chat signant de mystérieuses inspections de territoire.

On n’a jamais vu une image de Jésus avec un chaton dans ses bras? À quoi ressemblait un chat de Galilée? Je vous parle de Jésus, car cette visite de Broquet, éditeur emeritus, est en rapport avec lui, le Nazaréen.

Devenu un vieil homme, je restais hanté par la belle histoire, ce joli conte de fée d’un petit bébé né d’une vierge dans une étable. Ou jeune garçon qui discute avec les grands prêtres du temple à Jérusalem.

Eh bien oui, j’achève «mon» évangile! Quatre ça, ne me suffit pas? Non et je poserai un chat sur les genoux de cet enfant visité par trois rois qui se guidaient sur un étoile. Ce cinquième évangile – une primeur pour vous – paraîtra sans l’imprimatur du Vatican en fin d’hiver, promis.

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