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L'humour désabusé, mais transcendant de François Hébert

Poèmes de cirque et circonstances

Michel Joanny-Furtin par Michel Joanny-Furtin
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Article mis en ligne le 4 juin 2009 à 8:00
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L'humour désabusé, mais transcendant de François Hébert
«J'ai toujours eu une grande fascination pour le langage, les mots et leur influence sur la manière de dire les choses», explique François Hébert à propos de son nouveau recueil de poésie, Poèmes de cirque et circonstances. (Photo: Courtoisie)
L'humour désabusé, mais transcendant de François Hébert
Poèmes de cirque et circonstances
Un bac de recyclage, Kandahar, une étude sur Rimbaud et un tableau se côtoient dans le dernier recueil du poète et essayiste François Hébert, Poèmes de cirque et circonstances, où il aborde l'absurdité de notre condition humaine, la déshumanisation et notre rapport au langage, aux arts et à notre regard sur ces questions…
Auteur de nombreux récits et essais, François Hébert a été enseignant pendant 35, notamment en littérature à l'Université de Montréal. «J'ai toujours eu une grande fascination pour le langage, les mots et leur influence sur la manière de dire les choses», explique cet homme dont la thèse d'étudiant portait sur André Malraux.

Ses poètes? Henri Michaud et Alexis Le François. Une forme de réponse à son plaisir du jeu avec les mots et l'émotion qu'il sait faire partager dans son recueil de poésie publié il y a quelques semaines. Sauf que…
Écrire encore après Auschwitz?
Quand François Hébert parle de cirque, il aborde (saborde?) «la jonglerie médiatique qui a remplacé beaucoup de nos valeurs anciennes».
«Le cirque médiatique de notre invraisemblable société du spectacle et la performance de l'apparence au détriment du sens. Comment peut-on écrire des poèmes après Auschwitz ou Dachau?, questionne-t-il gravement au cours de notre entrevue. Parce qu'il faut croire en l'Homme coûte que coûte!»

Le mot «circonstances» prend alors tout son sens, puisqu'il arrive à porter un rire désabusé sur le monde. «Quelqu'un a dit: "L'humour est la politesse du désespoir", ajoute l'auteur. Mes poèmes tentent d'apporter des bribes de sens. Avec mes textes, je cherche à décomplexifier notre monde.»

Entre les images fortes, il avoue céder au lyrisme amoureux et exprimer, quoiqu'il arrive, de la tendresse envers autrui. Les choses simples trouvent une grâce infinie à ses yeux. «Un petit caillou peut être un pur objet de plaisir…»
Mots, sons et sens
À la fois gravement pertinent et joyeusement impertinent, ces poèmes parfois graphiques (Fossile), parfois sonores (Dans la loge de Pavarotti), fort ludiques en tout cas, tombent bien en bouche et se dégustent aisément.
François Hébert plante le décor «à la lettre» et au détour d'une suite anodine et amusante de mots laisse poindre une image forte qui piège agréablement le lecteur dans un autre décor plus symbolique. À lire… et revoir!

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