Les reporters de guerre Normand Blouin, Raymond Saint-Pierre et Korbett Matthews étaient de passage au Collège Stanislas pour répondre aux nombreuses questions des étudiants. (Photo: Courtoisie)
Métier: correspondant de guerre
Quel est le point commun entre Bayeux en Normandie et Outremont? Le reportage de guerre! Depuis 12 ans, la Ville de Bayeux organise un concours afin de récompenser un correspondant de guerre. Cette année, le Collège Stanislas, à l'initiative de Franck Ybert, professeur d'anglais originaire de cette ville, a repris ce même concept avec un concours maison.
Qu'ils travaillent pour la radio, la presse écrite ou la télévision, le rôle des reporters de guerre est le même: «montrer la réalité» de la guerre aux lecteurs, comme l'a expliqué Normand Blouin, photographe qui a couvert de nombreux conflits, de l'Afghanistan à l'ex-Yougoslavie, en passant par Haïti.
Huit reportages ont été visionnés en présence de trois prestigieux invités, soit M. Blouin, le cinéaste indépendant Korbett Matthews, collaborateur chez Macumba international, et le journaliste de Radio-Canada Raymond Saint-Pierre, récemment rentré du Liban.
Ces reportages, tournés dans des pays en proie à la violence tels que le Soudan, la République démocratique du Congo, l'Irak ou encore l'Afghanistan, ont permis aux étudiants de mieux comprendre la guerre et les risques pris par les professionnels de l'information pour la couvrir.
Les élèves ont voté dans une ambiance studieuse, afin de choisir le reportage qui méritera leur «Prix Bayeux». Après mûre réflexion, un reportage émouvant dans un hôpital irakien diffusé par France 2 a raflé la récompense.
Impressionnés et émus
Ces reportages avaient pour particularité de mettre de l'avant les deux aspects de la guerre: le conflit lui-même, avec les combats, mais aussi les conséquences humaines, comme les camps de réfugiés et les victimes civiles.
Les élèves de Stanislas ont été émus et parfois choqués par les reportages poignants sur les camps de réfugiés au Darfour, les massacres au Congo ou la situation sanitaire catastrophique dans un hôpital irakien.
L'assistance a aussi été impressionnée par les scènes de combats à Fallujah, entre les Marines américains et les insurgés irakiens, ou encore la traque d'Oussama Ben Laden aux confins de l'Afghanistan et du Pakistan.
Interrogés par les élèves, les trois professionnels ont expliqué les risques de leur métier et les moyens de les éviter. Pour M. Matthews, il faut avant tout effectuer de nombreuses recherches, se renseigner sur la situation avant de se rendre sur le terrain.
«Malgré toutes les recherches, vous ne pouvez pas être préparé à 100%, il faut aller sur le terrain», constate le cinéaste indépendant. «Il faut suivre son instinct», affirme quant à lui M. Normand.
Pour Raymond Saint-Pierre, «il faut rester cool» lorsqu'on est confronté à des situations très dangereuses. Il est important pour un correspondant de guerre de choisir les personnes avec qui il travaille, autrement, au lieu de couvrir une nouvelle, vous ferez la nouvelle, résume malicieusement M. Saint-Pierre.
Brigitte Blouin Delgado
Commentaire mis en ligne le 8 août 2008Je me souviens de ces reportages, combien j'ai étée émue.
Chapeau à ces trois reporters de guerre qui nous ouvrent les yeux sur le monde tel qu'il est.
Fière de mon frère Norm.
Brigitte