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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
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Porte ouverte sur une initiative méconnue

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 12 décembre 2006 à 5:15
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Porte ouverte sur une initiative méconnue
Durant les portes ouvertes de la maison Le Déclick, le 14 décembre, les visiteurs pouvaient visionner des extraits et la revue de tournage de Pousse, mais pousse légal, un film axé sur le lien entre la schizophrénie et l’usage de la marijuana. (Photo:Marc Dagenais)
Porte ouverte sur une initiative méconnue
Ils étaient une vingtaine de jeunes gens réunis dans une grande maison cossue du chemin de la Côte-Sainte-Catherine, le 14 décembre dernier, pour une journée porte ouverte toute spéciale. À l’intérieur, une visite, une exposition de photos, la projection d’extraits d’un projet de film en cours et une discussion de groupe avaient lieu. Le point en commun de la majorité des personnes présentes? Nombre d’entre eux sont atteints de problèmes de santé mentale, tels que la schizophrénie.
Pourtant, impossible de douter que plusieurs des personnes réunies sont sous médication et souffrent de problèmes quotidiens. Tous travaillent pour l’organisme Déclick, notamment sur des projets de productions audio-visuelles et de photographie.

Le Déclick est né de l’initiative d’un travailleur social de l’hôpital du Sacré-Coeur de Montréal, d’un chef d’entreprise possédant trois maisons d’hébergement en santé mentale, ainsi que d’une journaliste spécialisée en affaires et proche d’une personne atteinte de schizophrénie.

L’organisme, unique dans la francophonie, trône au cœur d’Outremont depuis déjà 2004, dans la maison même de deux des fondateurs. «Ce serait indécent d’avoir une grande maison comme ça et de ne pas la partager», fait remarquer Sophie Goyette, une des trois âmes de l’organisme et propriétaire des lieux avec son conjoint.

Pour cette ex-journaliste, ce travail de longue haleine pour offrir une reconnaissance aux schizophrènes est nécessaire. «Ce n’est pas une cause populaire, c’est quelque chose de méconnu qui fait peur. Nous voulons donner la satisfaction à ces jeunes de faire quelque chose, de s’investir dans un projet, de leur donner la chance de rêver mieux», dit-elle, la tête pleine d’idées.

L’organisme, qui paie les jeunes au même titre que des employés, a tout d’une entreprise familiale. Tout l’attirail de cinéma est installé au sous-sol de la maison, là où les enfants du couple ont leur chambre.

L’objectif de Déclick est d’offrir des emplois valorisants adaptés à cette clientèle exclue du marché du travail, ainsi que des services d’encadrement, de soutien et de la formation. Pour Mme Goyette, trop de personnes ayant des problèmes de santé mentale sont immédiatement reléguées au bien-être social et considérées inaptes au travail. Avec Le Déclick, «plusieurs ont vu leurs symptômes diminuer et sont moins affectés par le stress», ajoute-t-elle avec joie.
Le cinéma comme art et exutoire
À entendre les participants, on ne peut que constater la réussite de Déclick. Plusieurs d’entre eux ont participé à la création du film Rumba cérébrale l’an dernier, un film sur le délire des schizophrènes vu de l’intérieur, avec en toile de fond les attentats du 11 septembre.

Ce film leur a permis de se rendre en France pour la 30e édition du Festival international Ciné-vidéo-psy de Lorquin. Ils ont non seulement adoré l’expérience, mais ont aussi vu leur film être récompensé. «C’est une grande victoire. […] Ce n’était pas évident de partir avec des personnes qui sont très sensibles au stress et au changement. Heureusement, tout s’est bien passé», relate fièrement Sophie Goyette.
Le film primé, ainsi que leurs projets cinématographiques antérieurs et futurs, donnent l’occasion à ces réalisateurs et acteurs de prendre la parole, tout en leur permettant d’améliorer leurs habiletés sociales et leur chance de trouver un emploi. Pour nombre d’entre eux, travailler dans le domaine de la création était inespéré.

«Il y a trop peu d’espace pour s’exprimer», fait remarquer un des scénaristes et monteurs de Rumba cérébrale, Philippe Garneau, ravi de pouvoir briser des tabous et partager son expérience avec les gens.

«Nous avons une porte ouverte sur ce domaine-là», ajoute Vincent Daoust, qui a joué dans Rumba cérébrale et qui travaille maintenant sur d’autres projets avec ses collègues du Déclick.

Présentement, les employés du Déclik planchent sur un film qui fait le lien entre la schizophrénie et l’usage de marijuana. Pousse, mais pousse légal, dont des extraits ont été montrés aux portes ouvertes, devrait être présenté à la fin janvier.

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