Être gourmand et manger sainement
Pour la nouvelle année, nombre d’entre nous ont pris la résolution de perdre quelques kilos ou à tout le moins de mieux s’alimenter. Avec son nouveau livre, intitulé Nutrition gourmande, le chef Thierry Daraize tombe à point.
«La gastronomie est souvent déjà nutritionnelle. Nous n’utilisons plus les mêmes gras et les mêmes farines qu’auparavant», explique ce résidant d’Outremont, arrivé au Québec il y a 23 ans. Pour lui, il y a une dualité entre la volonté de bien s’alimenter et la gourmandise, et c’est ce qu’il a voulu exploiter.
Formé notamment chez le chef Michel Guérard, en quelque sorte l’inventeur de la cuisine minceur, Thierry Daraize avait en tête un projet de livre avec cette connotation «santé». «Je voulais prouver que [bien s’alimenter] ce n’est pas de la cuisine triste, contrairement à tout ce qui a été dit.»
Le chef s’est donc associé avec la docteure en nutrition Isabelle Huot, avec qui il a entre autres travaillé de près au Festival des fromages de Warwick. «Je voulais développer le côté scientifique, appuyé sur quelque chose, avec les calories comptabilisées. Je voulais aussi travailler avec quelqu’un de gourmand, et je dis souvent qu’Isabelle n’est pas quelqu’un qui mange des graines de moineaux!» dit-il en riant.
En partant de recettes déjà élaborées par M. Daraize et d’une liste d’ingrédients fournis par Mme Huot, les deux gourmets et gourmands ont concocté un savoureux livre divisé en huit chapitres. Avec ses sections intitulées Les questions de Thierry et les réponses d’Isabelle, ses recettes simples accompagnées de tableaux de valeur nutritionnelle, ses trucs santés et, bien sûr, des images qui mettent l’eau à la bouche, Nutrition gourmande a tout pour plaire, même aux palais plus difficiles.
Foie gras, chocolat et autres tracas
Thierry Daraize croit qu’il y a un engouement généralisé pour le «bien-manger». Dans les marchés, il est aujourd’hui possible de mettre la main sur des produits impossibles à trouver voilà 10 ou 15 ans.
«La grosse surprise de la sortie de ce livre est qu’elle attire beaucoup une clientèle plus jeune. Je crois que la jeune génération est curieuse et sensible à l’alimentation. Ils semblent plus ouverts d’esprit. Ils disent oui à la dinde et au pâté chinois, mais aussi aux sushis», considère le chef, optimiste quant à l’avenir de la saine gourmandise.
Pour le passionné cuistot, Nutrition gourmande se veut un stimuli, un objet convivial. «Ce livre a été fait pour le côté plaisir, instructif et pas compliqué. […] On veut du foie gras et du chocolat quand même. On peut manger tout. C’est une question de dosage et de réflexion. Il n’y a rien de philosophique là-dedans, c’est de l’intelligence», conclut-il.