Le député libéral de Mont-Royal et ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, sera candidat dans Jean-Talon, à Québec, aux prochaines élections provinciales. (Photo: Courtoisie)
Philippe Couillard délaisse la circonscription de Mont-Royal
Les électeurs de Mont-Royal qui appuieront le Parti libéral du Québec aux prochaines élections provinciales ne retrouveront pas le nom de Philippe Couillard sur leur bulletin de vote. C’est celui d’un nouveau candidat-vedette, Pierre Arcand, qui sera inscrit.
En effet, l’actuel député libéral de Mont-Royal ne sollicitera pas un deuxième mandat dans sa circonscription. Philippe Couillard briguera plutôt les suffrages dans Jean-Talon, à Québec, où vit sa famille depuis bientôt quatre ans.
M. Couillard, qui est ministre de la Santé et des Services sociaux, en a fait l’annonce la fin de semaine dernière à Sillery, en compagnie du premier ministre Jean Charest. Son départ lui permettra une meilleure «conciliation travail-famille», a-t-il indiqué à L’Express de Mont-Royal au cours d’une entrevue téléphonique, mercredi matin.
«J’ai été assez hésitant avant de prendre cette décision, notamment à cause de l’accueil très généreux que m’avaient réservé les citoyens, les bénévoles et les personnes du bureau de comté en 2003. J’ai considéré tous les éléments: ma situation familiale, le fait qu’il y a un excellent candidat qui va me succéder et l’intérêt général du Parti libéral du Québec. Je pense que c’était la bonne décision à prendre», a mentionné M. Couillard.
La circonscription de Jean-Talon est actuellement représentée par la libérale Margaret Delisle, la sœur du ministre fédéral des Travaux publics Michael Fortier, un résidant de Ville de Mont-Royal. Mme Delisle ne sera pas candidate aux prochaines élections pour des raisons de santé.
Au scrutin de 2003, Philippe Couillard l’avait emporté avec près de 81% des voix. À l’instar de Mont-Royal, Jean-Talon est une circonscription sûre pour le PLQ. La remontée de l’ADQ dans les sondages à Québec n’est cependant pas étrangère à l’arrivée de M. Couillard dans cette région.
«C’est certain qu’on a voulu donner un signal très fort pour la région de Québec, un signal encore plus fort que ce qu’on réalisé jusqu’à maintenant, a-t-il dit. On se présente avec une équipe très déterminée à maintenir la représentation de la Capitale nationale au gouvernement, et c’est dans ce sens-là que je vais travailler.»
Philippe Couillard estime en outre que de demeurer près de la population qu’il représente à l’Assemblée nationale «crée une identification plus forte entre le député et la circonscription». La distance et ses fonctions au sein du cabinet ne lui permettaient pas d’être à Mont-Royal toutes les semaines.
«N’importe qui, quelque soit le lieu de domicile, qui exerce des responsabilités de ministre de la Santé et des Services sociaux a relativement peu de temps à consacrer pour la circonscription. C’est presque inévitable», a souligné celui qui a vécu son enfance à Outremont, et dont la mère demeure dans la circonscription de Mont-Royal.
M. Couillard a par ailleurs tenu à souligner la «grande qualité» de la candidature de son successeur. «C’est une très bonne pour la population de Montréal et pour le Québec en général», a-t-il dit au sujet de la désignation de Pierre Arcand comme porte-couleur libéral dans Mont-Royal aux prochaines élections.
M. Arcand a débuté sa carrière comme journaliste et annonceur. Il a par la suite été directeur des nouvelles à CKAC et copropriétaire des stations CFCF, CKVL et CKOI. Depuis 2002, il est président de Corus Québec, qui possède 14 stations de radio, dont le 98,5 FM, où œuvre son frère, l’animateur Paul Arcand.
M. Couillard s’est déjà entretenu avec M. Arcand au sujet des dossiers chauds à Ville de Mont-Royal, notamment le conseil d’agglomération. «Je suis certain qu’il va vouloir continuer à transmettre les préoccupations de la municipalité à ce sujet-là», a souligné Philippe Couillard.
En ce qui concerne le projet de maison de la culture, il a fait savoir que les démarches se poursuivront au ministère de la Culture. «Il faut voir quel est le type de soutien qui pourrait être apporté au projet. Une fois ceci déterminé, il restera aux citoyens de Mont-Royal de décider s’ils veulent qu’il se réalise ou pas.»
Le passage de M. Couillard dans Mont-Royal n’aura par ailleurs pas permis de régler le cas du secteur Glenmount. Les 2000 résidants de ce quartier souhaitent quitter l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce pour réintégrer Ville de Mont-Royal, avec laquelle ils étaient annexés avant la défusion.
«On a eu deux ou trois rencontres avec lui. Il devait parler à Nathalie Normandeau [ministre des Affaires municipales], mais il ne nous est jamais revenu», mentionne la coprésidente de l’Association communautaire de Glenmount, Francine Brodeur.
Ancienne présidente de la circonscription, Brigitte Mack Arsenault trouve «dommage» que Philippe Couillard ne se représente pas dans Mont-Royal. «Il a toujours été accessible. Ce n’était pas quelqu’un qui s’en laisse imposer et qui se fait dire quoi faire. On perd quelque de grand dans le comté.»
Elle déplore par contre que les électeurs de la circonscription soient considérés comme acquis par le PLQ. «On n’a jamais vécu ça [le départ d’un député] à Mont-Royal. Nous avons toujours été un comté sûr, et je trouve ça plate qu’on nous prenne pour acquis.»