Saga de l'avenue du Parc: trois leçons profitables
La saga du changement de nom de l'avenue du Parc, ainsi que la volte-face et la déconfiture du maire Tremblay comportent matière à réflexion. Cette affaire n'est pas sans similitudes avec certains projets qui se discutent tant sur la scène municipale, provinciale que fédérale. Et, conséquemment, elle recèle des leçons significatives qu'il serait bon d'examiner.
Bien que la raison du changement de nom soit objectivement bonne (Qui pourrait s'opposer à l'idée de perpétuer le nom d'un premier ministre qui a laissé sa marque sur le Québec?), le projet d'avoir une avenue Robert-Bourassa est mort dans l'œuf et, ce faisant, a éclaboussé honteusement le maire de Montréal, pourtant un politicien d'expérience. Trois leçons sont à retenir.
Avant de lancer un projet, quelle que soit la valeur ou la noblesse de sa cause, il est toujours préférable de consulter la population. Sonder. Prendre le pouls. Et surtout écouter, interpréter, comprendre. La tentation est grande sans doute de penser que, parce qu'on a été élu, on peut se substituer à la volonté des citoyens.
Bien souvent, des projets forts louables ne voient pas le jour parce que leur pertinence, leurs impacts et leurs valeurs n'ont pas été bien mesurés. Surtout, d'autres solutions ou alternatives n'ont pas été examinées. Et rarement on en évalue la pertinence (Y-a-t-il besoin réel?), le coût (Quel est le coût? Qui va payer?) ou l'efficacité (Peut-on atteindre le même objectif plus aisément, à moindre coût?)
Il est toujours préférable de mobiliser les citoyens autour d'un projet plutôt que de forcer obstinément une décision. Faire fi de l'opposition. Museler les citoyens. Ne leur permettre un droit de parole et de question que de façon stricte et limitée. Refuser de les écouter. Minimiser ou rejeter du revers de la main leur contribution. Prétendre que ce sont toujours les mêmes qui grognent... alors que ces personnes ont peut-être des choses valables à dire. Tous les chroniqueurs s'accordent aujourd'hui à dire que le maire Tremblay a ignoré l'opposition, n'a pas su écouter, a manqué de leadership et qu'il n'a pas réussi à mobiliser les citoyens autour de son projet.
Voilà quelques leçons qui devraient être utiles à tous les élus politiques, y compris ceux de notre ville. Les citoyens désirent être plus largement consultés sur des projets qui affectent leur communauté. Ils refusent d'être bâillonnés. Il ne faudrait surtout pas les sous-estimer.
Guy Djandji
Ville de Mont-Royal