En 2004, 34% des matières résiduelles à Montréal étaient recyclées après être passées dans des centres de tri comme celui-ci, situé dans la métropole. À Mont-Royal, le taux de récupération se situe entre 45 et 47% actuellement, alors qu’il était à 40% en 2004. (Photo: Ville de Montréal)
Mont-Royal prépare sa nouvelle politique verte
Mont-Royal souhaite prendre un virage vert en se dotant d’un véritable plan de développement durable, que la municipalité devrait rendre public à la fin du mois de mai.
Au moment où la Ville de Montréal dévoile les objectifs de la deuxième phase de son Plan de développement durable, lancé il y a deux ans, Mont-Royal s’apprête aussi à présenter ses intentions en matière d’environnement. Selon le conseiller Philippe Roy, la municipalité entreprend un «virage important».
«En changeant le nom du Comité sur [l’environnement et] les espaces verts pour celui de Comité sur [l’environnement et] le développement durable, après notre élection [en 2005], on lançait un signal pour dire qu’on ferait autre chose que changer la couleur des fleurs dans les parcs», explique M. Roy, qui préside le comité dont il fait mention.
Philippe Roy estimait au départ que le comité aurait besoin de deux ans pour élaborer le plan de développement durable. C’est finalement le 28 mai prochain qu’il sera dévoilé, soit près de six mois avant l’échéance prévue, grâce à la célérité des membres du comité, souligne le conseiller.
Une collecte verte
Le plan de développement durable comprend l’instauration, dès l’an prochain, d’une «collecte verte» pour récupérer, à l’aide d’un nouveau bac remis aux résidants, des déchets végétaux, comme des rognures de gazon et des branches d’arbres.
«Ça va permettre de diminuer considérablement la quantité de déchets, dit M. Roy. Les coûts de collecte sont en augmentation vertigineuse et ça devient une préoccupation.»
Des mesures pour recycler davantage sont aussi prévues. En 2004, le taux de récupération était de 40% à Mont-Royal. Pour répondre à la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, il devra atteindre 60% en 2008.
«Nous ne l’atteindrons peut-être pas en 2008, mais une bonne partie de l’objectif pourrait être atteint si on trouve des solutions», fait savoir la mairesse Vera Danyluk, qui évalue le taux de récupération actuel de la ville entre 45 et 47%.
Un sac plutôt qu’un bac?
Mme Danyluk reconnaît que des efforts supplémentaires doivent être faits en ce qui concerne le recyclage et le compostage, afin de réduire le tonnage des ordures et, par le fait même, de baisser les coûts de leur ramassage.
L’utilisation de sacs pour recueillir les matières recyclables – plutôt que d’un bac dans lequel tout doit être trié, comme c’est le cas actuellement – pourrait permettre à la municipalité d’améliorer son taux de récupération. «Il y a une réflexion à faire, indique la mairesse. Quand les matières peuvent être mises pêle-mêle dans un sac, les gens ont tendance à recycler davantage.»
Politique de l’arbre et CO2
Le plan de développement durable est aussi l’occasion pour Mont-Royal de mettre sur pied une politique de l’arbre, un sujet abordé à quelques reprises ces dernières années. L’objectif est notamment d’assurer le renouvellement de la forêt urbaine, qui prend de l’âge.
Un concours annuel «du plus bel arbre» sera en outre lancé à l’occasion du Jour de la Terre, le 22 avril prochain. «Il s’agit d’un clin d’œil pour que les gens réalisent l’importance des arbres», indique Philippe Roy, précisant que le grand végétal primé parmi les 8000 situés sur les terrains privés de Mont-Royal sera dévoilé durant la Fête d’automne.
Enfin, le conseiller municipal aimerait rendre la Ville plus efficace sur le plan énergétique, en calculant le rejet de gaz carbonique des édifices et des véhicules municipaux. «Ce n’est pas juste aux citoyens de faire des efforts. La Ville, comme PME, a aussi un rôle à jouer», considère M. Roy.