Un regard complet bien nécessaire, prise III
On se doit un bref moment de répit après le marathon de séances d’information, d’ateliers et de présentations de mémoires qui ont eu lieu récemment autour du projet universitaire de la gare de triage. Ouf... Toutes les informations se bousculent pour faire de cette gigantesque pile de documents une réalité presque palpable, bien qu’encore virtuelle.
Avez-vous senti le calme, l’intelligence et la résolution de cette population qui s’est interrogée publiquement devant la commission et qui a décortiqué le plan-maître pour en faire ressortir toutes les possibilités, mais aussi toutes les contradictions et les difficultés perçues. Chacun a, tant bien que mal, énoncé son rêve, sa vision, son souhait d’ouverture, d’équité et d’avenir partagé. Ce terrain n’est-il pas terre de jonction entre nous, citoyens d’arrondissements voisins qui sommes maintenant d’une même ville?
Au moment de l’écriture de cette lettre, il y aura encore une séance publique qui restera pour évoquer ensemble nos aspirations de Montréalais quant à la proposition sur la table. Ensuite, ce sera au tour de nos décideurs de trancher, à la suite de l’avis de l’OCPM. […]
J’aurai posé, comme plusieurs, un geste que je crois constructeur et évocateur d’avenir. J’aurai rêvé tout haut, sans crainte du ridicule avec le dépôt de mon mémoire bien personnel. Il aura été rejoint par d’autres qui se sont penchés, plus adroitement certainement, sur cette problématique grâce à l’expertise qui les anime. C’est le propos de ma lettre en fait.
Que ce soit les citoyens, les groupes, les associations diverses, Vision Montréal, Projet Montréal, Oser Outremont, les représentants des arrondissements voisins de Villeray–Parc-Extention–Saint-Michel ou de Rosemont–La Petite-Patrie ou même des étudiants en urbanisme, ils ont tous rêvé devant le bon peuple et les sages de l’Office de consultation pour insuffler à ce projet quelques nouveaux traits de caractère, ceux-là plus fidèles à nous tous qui allons partager ce lieu. Nous avons donné notre avis car, c’est là le beau de l’histoire, c’était notre droit, notre responsabilité collective et, cadeau suprême, ça ne nous coûte rien outre le temps de réflexion.
Par contre, ceux d’ici, qui auraient pu participer à cet exercice avec nous, ceux qui auraient pu donner un leadership fort à cette bonification du projet de notre côté de la voie ferrée, ceux-là sont restés muets... Ils ont préféré travailler très fort diront-ils, en amont de cet exercice, derrière leurs portes closes, en comités, à l’abri du ridicule qui ne tue personne, de l’humanité qui réfléchit à voix haute et qui participe à la confection de ce «nouveau monde» universitaire. Je leur ai demandé, en assemblée de conseil d’arrondissement, de nous dire, entre nous, ce qu’ils appréhendaient... Ils sont restés muets... Le confort politique a eu raison d’eux une fois de plus. Dommage!
Mon seul souhait, naïf, me direz-vous encore une fois, c’est que l’exercice aura suscité un second regard critique et positif de la part des promoteurs et de la ville, et que de notre brassage de nouvelles idées, plus complexes avouons-le, une version améliorée de ce projet naîtra.
Cette nouvelle version sera-t-elle présentée à la population pour qu’elle sente qu’elle a été entendue, je l’espère. Il faut aussi s’assurer que nos administrations, tout au long de ce chantier, suivent de près sa progression pour éviter toute dérive et que ce lopin de terre, sagement bâti, devienne la fierté et le digne reflet des aspirations des Montréalais que nous sommes et de cette grande institution universitaire francophone qu’est l’Université de Montréal.
À vous de juger...
Marc Vanier Vincent
Membre de Vision Montréal à Outremont