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Harper est résolu à aller en élection, conclut Duceppe à l'issue de leur rencontre

Presse Canadienne Article mis en ligne le 28 août 2008 à 23:00
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Harper est résolu à aller en élection, conclut Duceppe à l'issue de leur rencontre
Le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe vendredi, le 29 août 2008 à Ottawa. THE CANADIAN PRESS/Fred Chartrand
OTTAWA - Il ne fait plus aucun doute, pour le chef du Bloc québécois Gilles Duceppe, que le premier ministre Stephen Harper souhaite une élection à tout prix tôt cet automne.
Après sa rencontre avec M. Harper, vendredi, le chef bloquiste a indiqué qu'il était évident que le premier ministre ne cherchait maintenant qu'à se retrouver en campagne électorale, même si le passé a démontré que son gouvernement minoritaire pouvait faire avancer sa législation.
"M. Harper pourrait faire comme il a fait dans le passé, avoir l'appui un moment donné de certains partis, d'autres fois de d'autres, pour pouvoir continuer à gouverner, a expliqué M. Duceppe, en s'adressant aux journalistes à l'issue de la rencontre. Il l'a fait depuis janvier 2006. Mais je pense que ce n'est pas ça qui l'intéresse, il veut véritablement avoir une élection."
Depuis plus de 10 jours maintenant que les rumeurs d'élection vont bon train et s'amplifient de jour en jour. Vendredi, des stratèges du bureau du premier ministre ont admis que, bien qu'aucune décision n'ait encore été prise, le déclenchement d'une élection était fort probable et que cela pourrait se produire au plus tôt entre le 2 et le 7 septembre.
Le déclenchement annulerait donc la tenue des trois élections partielles prévues le 8 septembre. Si ce scénario se concrétise, le scrutin aurait lieu le 14 octobre.
Déjà, les conservateurs ont une bonne idée de ce que sera leur thème central de la campagne qui s'annonce. Lors d'une séance d'information avec des journalistes, les représentants du premier ministre ont expliqué que l'élection sera l'occasion pour les conservateurs de positionner M. Harper comme le chef le mieux placé pour guider le Canada dans un moment d'incertitude économique.
Ils ont même une bonne idée de ce qui se retrouvera dans la plateforme électorale puisque l'entourage du premier ministre a indiqué qu'il n'y aura pas de grandes promesses très couteuses, ou encore des promesses de baisses d'impôt.
A l'opposé, les conservateurs entendent dépeindre le chef libéral Stéphane Dion comme l'incarnation de l'incertitude. "L'économie n'a pas besoin d'une taxe sur le carbone risquée qui ne cherche qu'à taxer les entreprises et les contribuables", a résumé un stratège conservateur, faisant référence au plan vert des libéraux.
Plus encore, ils avanceront que M. Dion est un "risque pour l'unité nationale" parce qu'il est un "centralisateur extrême" et un risque pour l'image du Canada sur la scène internationale.
"Qu'on l'aime ou qu'on le déteste", le premier ministre offre de la certitude et les gens savent à quoi s'en tenir, a ajouté le stratège.
Toutes ces déclarations tendent renforcer, voire à confirmer, le scénario que les Canadiens iront aux urnes dès cet automne.
Cela fait dire à Gilles Duceppe que son adversaire a un plan de match préétabli et que ce ne sont pas les rencontres avec les chefs d'opposition qui risquent de le faire changer d'opinion.
"Il pourrait agir pour le mieux être de la population en disant "quels compromis suis-je prêt à faire avec l'un ou l'autre des partis", mais il préfère penser aux intérêts de son parti", a critiqué le chef du Bloc, après une réunion de presque une heure avec M. Harper.
Les deux hommes ont abordé une série de sujets sans que ni l'un ni l'autre n'accepte de mettre de l'eau dans son vin.
Le porte-parole du premier ministre, Dimitri Soudas, a de son côté fait valoir qu'aucun compromis n'est possible avec un parti qui se positionne continuellement en opposition au gouvernement.
"Le fait que M. Duceppe a indiqué au premier ministre qu'il n'a pas confiance dans le gouvernement est très indicatif de la position du Bloc", a déclaré M. Soudas.
M. Duceppe était le premier des chefs des partis d'opposition à rencontrer le premier ministre Harper. Jack Layton, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), doit se rendre à la résidence du premier ministre samedi après-midi.
Quant à Stéphane Dion, il a offert de rencontrer M. Harper le 9 septembre, une date que le premier ministre trouve beaucoup trop éloignée.
Dans l'entourage du premier ministre, on laisse entendre qu'une rencontre avec M. Dion pourrait bien n'avoir jamais lieu.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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