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Le Bloc veut une action immédiate pour contrer les algues bleues

Presse Canadienne Article mis en ligne le 24 juillet 2008 à 0:00
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MONTREAL - Même si l'on entend peu parler des algues bleues cet été en raison de la décision du gouvernement Charest de ne pas publier la liste des cours d'eau touchés, la santé des lacs au Québec n'en est pas meilleure pour autant.
C'est ce que croit le porte-parole bloquiste en matière d'Environnement, Bernard Bigras, qui presse le gouvernement conservateur à intervenir pour contrer la prolifération des algues bleues.
En point de presse, jeudi, à Montréal, le député de Rosemont-La Petite-Patrie a fait valoir que le Bloc québécois avait déposé l'an dernier le projet de loi C-469 visant à interdire l'importation, la fabrication et la vente de détergents contenant du phosphate au pays.
Le gouvernement conservateur a déjà adopté une réglementation interdisant les détergents pour lave-vaisselle contenant plus de 0,5 pour cent de phosphates à partir de 2010. Or, M. Bigras juge que ce n'est pas assez rapide et il invite le gouvernement à accélérer plutôt l'adoption du projet de loi bloquiste.
"On n'a pas le temps d'attendre 2010", a soutenu M. Bigras. "Il y a des procédures accélérées d'adoption de projets de loi aux Communes (...), ce qui pourrait faire en sorte que dès la rentrée parlementaire à l'automne, le projet de loi pourrait être adopté."
Selon M. Bigras, il existe une volonté des citoyens, mais aussi des commerçants, d'agir pour stopper la croissance des cyanobactéries. La chaîne Jean Coutu, par exemple, a banni les détergents contenant du phosphate de ses étagères depuis l'automne dernier, des alternatives aux produits polluants étant déjà disponibles.
"C'est un projet de loi qui vient calquer ce qui se fait ailleurs", a-t-il rappelé, faisant référence notamment aux législations adoptées par la Suisse et certains Etats américains.
Culture du secret
Le député bloquiste a écorché au passage la décision du gouvernement Charest de ne pas publier la liste des cours d'eau où prolifèrent les algues bleues, la qualifiant de "culture du secret".
Il estime que les citoyens ont le droit de connaître le bilan de santé de leurs lacs.
"Ce n'est pas juste une question de santé publique, c'est une question d'éducation, tout simplement parce que les comités de citoyens autour des lacs ont besoin de cette information pour se mobiliser et s'assurer que l'an prochain, le problème va être limité", a-t-il indiqué.
L'été dernier, pas moins de 200 lacs avaient été contaminés par les algues bleues et le problème avait été largement médiatisé. Pour éviter de semer la panique auprès des riverains, la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, avait alors choisi de publier cet été seulement la liste des lacs pour lesquels la présence de cyanobactéries comporte des dangers pour la santé.
Jeudi, un seul de ces lacs était répertorié sur le site du ministère de l'Environnement, soit le Lac bleu, dans la municipalité de l'Ange-Gardien, en Montérégie.
De nombreuses causes
Bien que le phosphate dans les produits nettoyants soit une cause de la prolifération des algues bleues dans les lacs de la province, d'autres facteurs ont également un impact important. Les émissions d'oxyde d'azote qui contribuent à l'acidification des cours d'eau, le déboisement des rives et l'agriculture intensive sont du nombre.
Le député le reconnaît et convient que le problème ne sera pas nécessairement réglé lorsque l'interdiction des détergents avec phosphates entrera en vigueur.
"On n'a pas la prétention de dire que ce projet de loi et cette interdiction va régler l'ensemble du problème", a-t-il admis.
Il a notamment déploré la permission accordée aux compagnies qui exploitent les sables bitumineux en Alberta d'augmenter leurs émissions d'oxyde d'azote.
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