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Voyage au bout de l’imagination

Geneviève Allard par Geneviève Allard
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Article mis en ligne le 7 juin 2007 à 8:10
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Tsiganes un roman instructif et enlevant, digne des grands polars et des meilleurs scénarios de cinéma.(Photo: Robert Etcheverry)">Voyage au bout de l’imagination
L’auteur outremontais et scénariste Mario Bolduc propose avec Tsiganes un roman instructif et enlevant, digne des grands polars et des meilleurs scénarios de cinéma.(Photo: Robert Etcheverry)
Voyage au bout de l’imagination
De la Roumanie à Montréal, en passant par les Etats-Unis, l’Espagne, l’Allemagne et la Gaspésie, le dernier roman de l’Outremontais Mario Bolduc Tsiganes a le mérite certain de nous faire voir du pays.
«Ce que j’aime du livre est de faire voyager le lecteur, de l’amener dans un endroit qu’il ne connaît pas, mais de conserver quelque chose qu’il connaît, comme un personnage qui est de Montréal», raconte le sympathique auteur rencontré dans un café de l’avenue Bernard.

Tout juste de retour d’un voyage en Grèce, l’Outremontais évoque avec passion son intérêt pour les Tsiganes, peuple méconnu et grand oublié de l’Holocauste. «Dans Cachemire [son dernier roman], je parlais beaucoup de l’Inde et c’est de là que les Tsiganes viennent. Ce sont des nomades qui ont pris la route et qui, au fil des siècles, se sont répandus à la grandeur de l’Europe.»
Une trame enlevante
Comme dans son roman précédent, le lecteur est happé par les aventures de Max O’Brien. Escroc professionnel, Max O’Brien œuvre dans les milieux financiers et immobiliers. Il piège les entrepreneurs en quête d’investissements de nature douteuse en leur promettant des abris fiscaux inexistants ou des placements dans des comptes fictifs. Pas étonnant que la GRC et le FBI soient à ses trousses.
Le personnage de Max O’Brien constitue une sorte d’antihéros, justicier mais escroc, un personnage qui plaît beaucoup à Mario Bolduc. «Je voulais qu’il mène une vie hors normes, hors du système, mais qui aide pour des raisons morales. Avoir un personnage avec un engagement moral, même s’il est malhonnête, est intéressant.»

Dans Tsiganes, Max O’Brien se retrouve au cœur d’une histoire qui affecte son bon ami Kevin Dandurand. Il y a quelques années, les deux hommes se sont connus à New York et une forte amitié est née entre l’escroc sympathique et l’ancien coureur olympique aujourd’hui père de deux enfants. Un jour, Kevin disparaît subitement et est recherché en Roumanie pour le meurtre de 23 Tsiganes. Convaincu de son innocence, Max part à la recherche de son acolyte.

En parallèle à cette aventure, le lecteur suit l’histoire d’amour entre Emil, un Tsigane et Christina, une Allemande, une passion avec comme toile de fond de Seconde Guerre mondiale. Les deux trames temporelles finiront par se rejoindre et se recouper, pour résoudre le mystère.
Une écriture cinématographique
Présentement, Mario Bolduc planche sur l’adaptation au grand écran de Rouge Poison, de l’Outremontaise Michèle Marineau, et celle du célèbre conte La Chasse-Galerie.
Impossible en effet de nier l’influence du boulot de scénariste de Mario Bolduc à la lecture de Tsiganes. Le lecteur devine bien les lieux et n’a aucune difficulté à les imaginer. «Je procède toujours de la même façon, dit celui qui a scénarisé nombre de films, dont le long-métrage Le dernier tunnel, d’Érik Canuel. Comme ma formation en est une de scénariste, je travaille toujours avec des plans, des synopsis. J’établis une trajectoire et par la suite, je complète la recherche et j’apprends par moi-même.»

Pour Mario Bolduc, le polar fonctionne comme un film, à quelques exceptions près. «Au cinéma, il y a une question d’argent. Envoyer quelqu’un en Roumanie ou dans le passé, ça coûte cher. Chaque décision à un impact financier, ce qui n’est pas du tout le cas dans un livre. Il n’y a pas non plus de limite de temps comme pour la durée d’un film.»

Le diplômé de l’université York et vice-président de la SARTEC (Société des Auteurs de Radio, Télévision et Cinéma) travaille très méthodiquement. «La description des personnages se fait à mesure. J’ai un tableau immense où j’inscris la chronologie d’un côté et les personnages de l’autre. Là, je note naissance, événements marquants et mort. Ce genre de tableau temporel est très important parce que lorsqu’on fait des croisements entres les époques, il faut rester près de la réalité.»

Maniaque des détails, Mario Bolduc prend aussi un plaisir fou à ajouter des informations dans ses écrits. «Si mon personnage prend l’avion de New York pour aller à Rome et que nous sommes en 2002, je fouille sur Internet et je trouve le numéro du vol. S’il va manger dans un restaurant le midi, je cherche pour voir s’il est ouvert.»

Un roman très instructif aussi sur le plan historique, géographique et culturel, mais aussi avec une intrigue enlevante, qui en surprendra plus d’un.

«Il faut dévoiler mais pas tout livrer dans les vingt dernières pages, croit l’auteur. Moi-même j’ai eu une surprise en écrivant. Il y avait certains détails ou informations dont je ne connaissais pas l’issue. Il est bon d’envoyer le lecteur sur une mauvaise piste, de jouer avec, de le garder en haleine.»

Le pari est réussi.

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