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La relève voit la vie en vert

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 13 juin 2007 à 17:00
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La relève voit la vie en vert
Diplômés de HEC, Maxime Guy et Simon Landry ont choisi de mettre leurs actions en accord avec leurs principes en créant Pousse l'ananas, une fruiterie bio qui ouvre tout juste ses portes sur la Plaza Saint-Hubert. (Photo: Éric Carrière)
La relève voit la vie en vert
Ils sont jeunes, ils ont le goût d'entreprendre et ils placent l'environnement au centre de leur projet. Le profit, d'accord, mais pas à n'importe quel prix ! Bienvenue à une nouvelle génération de gens d'affaires qui veut faire sa part pour sauver la planète.
Simon Landry et Maxime Guy affichent tous les deux 23 ans au compteur. Ces amis d'enfance qui ont grandi et étudié ensemble rêvaient de démarrer un projet commun. Leur bac en création d'entreprise de HEC en poche, ils se sont jetés à l'eau. Pour les trouver, ne cherchez pas dans la rubrique des nouvelles technologies ou des services-conseils, mais plutôt dans celle de l'alimentation. D'ici quelques jours, les complices ouvriront leur fruiterie bio sur la Plaza Saint-Hubert.

«Plus qu’une simple épicerie, Pousse l’ananas se positionne dans le créneau des produits équitables et biologiques et souhaite jouer un rôle dans la sensibilisation, l’information et l’éducation de sa clientèle sur les tendances de la consommation responsable», lit-on dans le document du Concours entrepreneurs en action de la CDEC Rosemont- Petite-Patrie, dont ils viennent de rafler le premier prix, une bourse de 10 000 $.

Ils ne se sont pas lancés tête baissée dans l'aventure. Maxime a pour lui une expérience de 7 ans au sein des fruiteries Valmont et Simon a travaillé plusieurs années dans un marché d'alimentation. Pendant un an, ils ont testé leur plan d'affaires en se disant : «Si l'idée fonctionne, on la lance !»

Leur projet : être un point d'approvisionnement et en même temps de sensibilisation au bio et à l'équitable. «Nous croyons que l'information va faire en sorte que les gens vont se tourner de plus en plus vers ce type de produits», déclare Maxime. S'approvisionner le plus localement possible, limiter les emballages au maximum et favoriser la réutilisation des sacs seront quelques-uns de leurs gestes au quotidien.

:Faire dans le bio n'est pas sans risque, surtout dans le domaine de l'alimentation, où les pertes sont importantes. Le prix du bio étant par définition plus élevé, les deux entrepreneurs devront relever le défi de la compétitivité. «Nous devrons nous tenir à l'affût des producteurs et du marché», estime Maxime.
Un défi supplémentaire
Lorsque l'on consulte la liste des gagnants des principaux concours en entrepreneurship, il n'y a pas photo: les premiers prix sont systématiquement remportés par des entreprises qui offrent une solution alternative à un besoin.
«Parmi les jeunes entrepreneurs que nous soutenons, beaucoup présentent des projets d'affaires qui intègrent des préoccupations de développement durable», confirme Jean-François Lalonde, directeur de la CDEC Rosemont-Petite-Patrie. Récemment, l'organisme a décidé de donner un coup de pouce supplémentaire à l'entrepreneuriat durable en adoptant une politique d'investissement à taux réduit pour les entrepreneurs qui mettent en place des programmes environnementaux, investissent dans leur milieu de travail ou développent des modèles de gestion participative.

«Le développement durable n'est pas juste une mode. Les jeunes entrepreneurs ont intégré cette dimension. Ils sont prêts à prendre des risques plus importants pour respecter ces critères. C'est déjà difficile de lancer une entreprise, et ils se donnent des standards encore plus élevés», souligne M. Lalonde.

Pourquoi se donner ce défi supplémentaire ? «C'est notre façon de faire notre part. Cela permet de donner un sens à notre projet d'entreprise. On n'est pas là juste pour faire de l'argent», souligne Maxime Guy.
Un virage nécessaire
Témoin de cette préoccupation croissante de la relève pour le vert, la Jeune Chambre de commerce de Montréal a mis en 2007 l'environnement en tête de ses priorités. Un sondage mené auprès de ses membres, dont 20 % sont de jeunes entrepreneurs, a mis en évidence leur désir d'être à la fine pointe dans ce domaine. Mémoire sur le défi climatique, bilan de durabilité, présentation d'un guide du bureau vert : les réalisations concrètes sont au rendez-vous.

«Nos membres ont en moyenne 32 ans. C'est un âge où l'on regarde vers le futur, où l'on se préoccupe de comment on va laisser notre planète à nos enfants», analyse France-Éliane Nolet, présidente sortante de la JCCM. Elle préfère considérer les nouvelles exigences environnementales comme des défis plutôt que comme des contraintes. «Nos jeunes entrepreneurs savent dealer avec cela. Pour eux, ce n'est pas un changement, ils appliquent ces principes dès le départ.»

Être vert ou ne pas être? Telle sera peut-être bientôt la question. «Les entreprises doivent s'adapter, estime Mme Nolet. On ne peut pas fermer les yeux. C'est une obligation. Il faut prendre le virage.»

(Photo: Éric Carrière)

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