Le pèlerin d’Outremont
À tout juste 18 ans, Léo Loisel est comme bien des jeunes de son âge. Dégourdi, motivé et pleins de projets. D’origine française, le jeune homme se distingue toutefois du lot. Ce printemps, il a fait un pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. 850 kilomètres à pied plus tard, le voyageur est toujours le même, mais avec une nouvelle vision de la vie.
«C’est une amie et ma mère qui m’en avaient parlé. Un jour, je suis allé à une conférence qui parlait du voyage. Ça m’a donné tout sauf le goût d’y aller!», avoue candidement Léo, tout juste de retour d’une virée de quatre grandes villes européennes avec un ami. «Puis, je me suis mis à lire Le pèlerin de Compostelle, de l’auteur Paulo Coelho.» Après une vingtaine de pages, le voyageur a cessé sa lecture parce que l’écrivain brésilien lui avait donné envie de vivre son propre pèlerinage.
Le départ a eu lieu le 1er mai et s’est terminé le 4 juin, à raison d’une marche de 20 à 30 kilomètres par jour. Accompagné d’une trentaine d’autres marcheurs de plus de 35 pays, Léo s’est tout de même retrouvé dans une très grande solitude. «C’est assez compliqué à expliquer, mais tout ce que tu fais c’est marcher, alors tu réfléchis beaucoup et tu vois les choses de la vie différemment.
Arrêter pour mieux repartir
À mi-chemin, Léo est épuisé et amaigri. «J’ai arrêté parce que je trouvais ça trop dur, je ne m’alimentais pas bien, mon poids était en dessous de 50 kilos.[…]Aussi, tu te retrouves seul et c’est très difficile. J’ai donc pris le train et je suis rentré en France.»
En arrivant dans un petit hôtel, l’ex-élève de l’école Paul Gérin-Lajoie est revenu sur sa décision. «Je m’étais donné un but et je voulais y arriver, dit-il. J’ai repris le train et j’ai rattrapé le groupe.» Les derniers 400 kilomètres ont été plus faciles pour Léo, poussé par une décharge d’encouragements de ses proches.
Spirituel mais pas religieux
À la base, Léo Loisel ne se définit pas comme étant croyant ou pratiquant, mais se dit intéressé par la spiritualité et les signes. «En plus, de moins en moins de gens entreprennent le pèlerinage [chrétien] de Saint-Jacques-de-Compostelle pour des motifs religieux», souligne-t-il.
Le périple de Léo en a donc été un de réflexion, mais aussi de paysages. «C’est très varié. J’ai traversé les Pyrénées, j’ai traversé des déserts qui, en Espagne, sont comme des champs avec un chemin en ligne droite qui semblent infini.»
Aujourd’hui, le voyageur outremontais se prépare à entrer au Cégep de Valleyfield en théâtre et prévoit d’autres voyages. Inspirés par les romans de Paulo Coelho, James Redfield et autres, il aimerait traverser le Népal et le Machu Picchu au Pérou, toutes des destinations imprégnées d’un mysticisme et d’un caractère spirituel évident.
Aux futurs pèlerins de Compostelle, Léo offre quelques conseils. «Il faut bien se préparer physiquement, même si cela peut coûter cher pour des souliers de marche par exemple. Mais il faut surtout être prêt mentalement. On ne peut pas partir en se disant que c’est juste pour le «fun». Enfin, sur le chemin de Compostelle, il faut ouvrir les yeux!», conclut-il, lui-même revenu avec une nouvelle sensibilité au monde qui l’entoure.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle en quelques mots
-L’objectif présumé est le tombeau de l’apôtre dans la crypte de la cathédrale de la ville de Saint-Jacques-de-Compostelle en Galice (région de l’Espagne).
-Le pèlerinage peut se faire par des chemins différents.
-Avec leur credential, sorte de passeport de pèlerin, les voyageurs peuvent se reposer dans des gîtes et des monastères le long du parcours.
-Plus de 100 000 pèlerins entreprennent la traversée spirituelle à chaque année, à pied, à vélo ou même à cheval.
-C’est le troisième lieu de pèlerinage chrétien après Rome et la Terre Sainte.