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François Bissonnette Remax
L'Express d'Outremont / Mont-Royal
Politique Provinciale
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La «Ségomania» frappe Montréal

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 26 septembre 2007 à 15:00
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La «Ségomania» frappe Montréal
Ségolène Royal assaillie par les médias et pas ses admirateurs à la sortie du pavillon Jean-Brillant. (Photo:Éric Carrière)
La «Ségomania» frappe Montréal
La tempête médiatique déclenchée par la candidate aux élections présidentielles françaises a déferlé sur Montréal. Plus d'un millier d'étudiants, de supporters et de curieux se sont bousculés aux portes de l'auditorium Jean-Lesage, à l'Université de Montréal, le 19 septembre. Invitée par le CÉRIUM, la présidente de la région Poitou-Charentes a livré un véritable plaidoyer pour la francophonie.
«Ségolène Royal? Prenez l'escalier là-bas!», indiquait l'agent de sécurité à l'entrée du pavillon Jean-Brillant. Nul besoin d'un dessin. Il suffisait de se laisser porter par le flot humain se mouvant lentement mais sûrement vers le lieu tant convoité. Dans la foule, on s'apostrophait. «T'es venue voir Ségo?», lançait cet étudiant au fort accent français à une camarade qui tentait de se frayer un chemin. Oui, tout le monde était venu voir «Ségo». La première femme candidate à une élection présidentielle en France a le don de susciter la ferveur du public partout où elle passe.

Le directeur exécutif du Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM), Jean-François Lisée, qui a réalisé le bon coup d'avoir invité la star politique, se frottait les mains sur le trottoir devant le pavillon, accompagné du recteur Luc Vinet, regardant la foule avec dans l'œil la lueur de contentement du boutiquier un jour d'affluence.

«Il a fallu être persévérant. Nous l'avions invité une première fois avant qu'elle soit candidate. Elle devait venir à l'origine en 2006, dans le cadre des événements d'été du CÉRIUM. Les faits en ont décidé autrement, mais elle ne voulait pas manquer ce rendez-vous avec les étudiants sur le campus», confiait-il, interrompant l'entrevue improvisée pour saluer Louise Beaudoin, l'ex-ministre de la Charte de la langue française, qui se pressait vers la porte d'entrée.
De Rabelais à Vigneault
Une longue file d'attente serpentait à travers les couloirs de l'université. On attendait environ 700 personnes. Plus d'un millier étaient au rendez-vous, et beaucoup ont dû rester à la porte.
Avec plus d'une demi-heure de retard, Ségolène Royal a descendu les marches de l'amphithéâtre accompagnée par une importante délégation française, dont de nombreux représentants de la région Poitou-Charentes, venus préparer le 400e anniversaire de Québec.

Devant un public gagné d'avance, celle qui a été plusieurs fois ministre sous des gouvernements socialistes a livré un vibrant plaidoyer en faveur de la francophonie. Faisant référence tour à tour à Rabelais, Youssou N'Dour, Boutros Boutros-Ghali, Albert Camus, Antonine Maillet et Gilles Vigneault, elle a soutenu que la francophonie pouvait devenir «le modèle d'un nouvel équilibre mondial». Rapprochant le combat culturel du combat environnemental, elle a souhaité que la prise de conscience écologique aille de l'avant en France comme au Canada. Elle a également cité en exemple le débat québécois sur les accommodements raisonnables, des questions qui lui paraissent «essentielles».
Inspirée par le Québec
Au cours de son périple au Québec, qui l'a menée de la Vieille Capitale à Montréal en passant par Montmagny, la candidate socialiste aux présidentielles aura trouvé de nombreuses sources d'inspiration: de la Caserne de Robert Lepage aux représentants des grandes centrales syndicales, en passant par le Chantier de l'économie sociale et l'Institut psychiatrique Robert Giffard. «Dynamisation économique, protection contre les dérives de la financiarisation, création d’emplois : sur tous ces sujets aussi, je suis très intéressée par vos démarches et vos réalisations», a-t-elle conclu.
Prise d'assaut à la fin de sa conférence, Mme Royal, telle une rock star, a dû se frayer un chemin vers la sortie, entourée par un solide service d'ordre, jusqu'à la fourgonnette qui l'attendait devant le pavillon, dans le brouhaha le plus total.

Après son départ, les commentaires fusaient. «Je suis content de l'avoir vue même si j'aurais aimé l'approcher de plus près», déclarait cet étudiant, tenant à la main un exemplaire de La vérité d'une femme, le dernier livre témoignage de la femme politique française. Pour d'autres, le constat était plus désabusé. « Dire qu'il y a tant de personnages politiques talentueux qui viennent dont on n'entend même pas parler. Après tout, elle a quand même été battue aux élections», déclarait cette femme d'âge mûr, réaliste.
Le discours de Ségolène Royal est disponible sur Internet au www.cerium.ca

(Photo:Éric Carrière)

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