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Le conte de fées d'Angèle Dubeau

Carole le Hirez par Carole le Hirez
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Article mis en ligne le 17 octobre 2007 à 17:00
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Le conte de fées d'Angèle Dubeau
Angèle Dubeau et son célèbre Stradivarius, entre humour et émotion. (Photo:Éric Carrière)
Le conte de fées d'Angèle Dubeau
Le parcours d'Angèle Dubeau a tout du conte de fées. La violoniste célèbre les 30 ans d'une carrière bien remplie et les 10 ans de son ensemble fétiche, La Pietà, avec lequel elle vient de dévoiler son nouvel album, le 24e de sa discographie, un opus très fleur bleue composé de ses morceaux coup de cœur, et s'apprête à entamer une tournée de 65 concerts en Amérique du Nord.
Comme la baguette d'une fée, tout ce que touche Angèle Dubeau semble se transformer en or. Artiste classique canadienne qui joue le plus à l'extérieur de sa ville d'origine, selon son conjoint et associé en affaires, Mario Labbé, le président de la compagnie de disques Analekta, Angèle Dubeau a largement contribué, au cours de sa prolifique carrière, à démocratiser la «grande» musique pour la mettre à la portée de tous.

En 30 ans, la violoniste virtuose a donné plus de 500 concerts et vendu plus de 200 000 disques. Il y a dix ans, elle réussissait un coup de génie en créant le premier ensemble de cordes strictement féminin, qu'elle baptisait La Pietà, en hommage à l’Ospedale della Pietà, un refuge où on éduquait les jeunes orphelines à la musique, dans la grande tradition italienne. Dès sa première année d'existence, la formation a touché plus de trois millions de personnes.

La popularité de Dubeau et sa Pietà doit aussi beaucoup à une utilisation intelligente du dernier cri en matière de marketing. Happy Birthday, qui réunit de grands airs autour du thème de l'anniversaire, un projet Internet au départ, a évolué vers une carte de souhaits musicale que l'on peut se procurer dans les magasins de disque et en ligne. Son dernier disque solo a fait la première page du site iTune USA, en février dernier. En cinq jours, plus de 96 200 personnes ont téléchargé le très sérieux solo de violon de Locatelli.

La blonde musicienne et ses compagnes n'hésitent à faire leurs valises pour porter leur musique à travers le monde. Pour souligner le passage de cette dernière décennie, elles entreprennent en ce moment une série de concerts qui les mènera de Montréal au Mexique, en passant par le Québec, le Canada et les États-Unis.

Dans leurs bagages, un répertoire concocté sur mesure autour de morceaux fétiches de l'artiste, des moments de féerie glanés au hasard de ses œuvres favorites. «C'est un amalgame de coups de cœur, un répertoire d'une grande douceur, serein, presque contemplatif. Il offre ces petits moments de réconfort, ces caresses dont on a tous besoin dans notre vie», commente la violoniste.

Un Conte de fées, album concept dont le lancement avait lieu au début du mois à la chapelle historique du Bon Pasteur, est le 8e disque enregistré avec La Pietà. Certaines des 18 pièces ont été écrites ou spécialement arrangées par Angèle Dubeau par les compositeurs Gilles Ouellet, François Dompierre et Louise-Andrée Baril, amie fidèle d'Angèle Dubeau qui tient le piano au sein de la formation.

La magie est au rendez-vous. Sur certaines pièces de Gilles Ouellet, les musiciennes ont décidé de donner de la voix. Pour la première fois, on les entend donc chanter sur scène. Émotion garantie. «S'il y a un instrument qui se rapproche de la voix humaine, c'est bien le violon !», justifie la virtuose.

Ce florilège musical à travers l'espace et le temps conduit l'auditeur de Vivaldi à de Falla en passant par Chopin, Arvö Part et Joaquin Rodrigo. Clin d'œil au cinéma également, avec le fameux Love Theme, de Nino Rota, du film culte Le Parrain, trois pièces d'Ennio Morricone ainsi que des trames sonores signées par le compositeur japonais Joe Hisaishi (Princesse Monoke, Kikujiro, Rêve fragile). Angèle Dubeau, qui a rencontré l'artiste il y a deux ans lors d'une tournée au Japon, est d'ailleurs la seule interprète autorisée à jouer ses œuvres à l'extérieur du pays.

(Photo:Éric Carrière)

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