Encore des remous dans le dossier Rosenberg
Du nouveau dans le dossier de la demande de destitution de Michael Rosenberg, membre de la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires. Un membre de la commission, qui préfère garder l’anonymat, a contacté par courriel L’Express d’Outremont pour rétablir certains faits. Il allègue qu’aucun vote n’aurait eu lieu lors de leur rencontre du 31 octobre pour déterminer si M. Rosenberg devait quitter son poste, et que Louis Moffatt, président de la commission et maire suppléant, avait pris cette décision seul. Une version que nous avons vérifiée auprès de M. Moffatt.
Lors de l’assemblée du conseil d’arrondissement du 5 novembre, Louis Moffatt a signifié publiquement que la conclusion nette, ferme et décisive à laquelle la commission était arrivée était de ne pas destituer M. Rosenberg pour les raisons invoquées par Pierre Lacerte, un résidant, et qu’il s’agissait de la vie privée d’un individu.
«Lors de cette réunion du 31 octobre, il est vrai que cette demande de destitution soumise par M. Lacerte a été longuement discutée. Le fait qu’elle avait été signée par une quarantaine de citoyens indiquait bien l’existence d’un certain problème intercommunautaire. […] Je dois toutefois préciser qu’à la fin de cette discussion sur cette demande de destitution, aucun vote n’a été tenu sur cette question», soutient, sous le couvert de l’anonymat, le membre dans son courriel.
M. Lacerte, qui ne siège pas sur la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires, est à l’origine d’une pétition d’une quarantaine de signatures demandant la destitution de Michael Rosenberg.
Selon les signataires de la pétition, M. Rosenberg, qui n’a d’ailleurs pas retourné les appels de L’Express d’Outremont, est «indigne de siéger sur cette commission au mandat particulièrement délicat», parce qu’il contreviendrait depuis des années à divers règlements municipaux. Selon eux, le membre de la communauté hassidique stationnerait illégalement, en double et/ou à contresens, devant la synagogue de la rue Hutchison.
La légitimité de M. Rosenberg à siéger à la commission a donc été discutée, en présence de ce dernier, et le statu quo l’a emporté. «Nous ne sommes pas un tribunal, juge M. Moffatt. On ne peut pas déterminer de la véracité ou non de documents fournis par M. Lacerte.[…] Il est vrai que nous n’avons pas voté, mais nous en avons discuté parce que ça touchait un sujet de discussion lié au rôle de notre commission.»
Pour le membre anonyme, qui dit entretenir de bons rapports avec M. Rosenberg, il semble que ce dernier soit plus fâché du fait que ce soit toute la communauté hassidique qui soit pointée du doigt et pas seulement lui. «La cohabitation entre voisins est souvent difficile, et pas nécessairement pour des motifs religieux», juge M. Moffatt, soulignant l’importance de relativiser le poids de la requête de M. Lacerte, qui ne représente l’opinion que d’une poignée de résidants. «Cette requête ne représente pas la norme. Je pense vraiment qu’il y a une amélioration du climat entre les communautés», dit-il, citant au passage des discussions fructueuses avec M. Rosenberg.
Lors de la réunion du 31 octobre, une possibilité d’orchestrer une rencontre entre les élus, le Service de police, des représentants de la communauté hassidique et les plaignants aurait été évoquée. «Mais M. Moffatt ne voulait rien savoir de ça, il a changé de sujet», soutient notre source. «C’est absolument faux, rétorque le principal intéressé. J’ai toujours eu une transparence irréprochable et je ne serais absolument pas contre que MM. Lacerte et Rosenberg se rencontrent […] Je serais prêt à en parler publiquement, mais je ne peux pas destituer quelqu’un parce qu’il stationne en double.» Notre source croit tout de même qu’il est de la responsabilité des élus de prendre la décision, et non la commission, qui n’a pas ce mandat. «La décision est celle de M. Moffatt et il doit vivre avec», dit-il.
Pour ce même membre, il est impératif de trouver un moyen de régler ce conflit entre les hassidiques et les plaignants. «Il ne semble pas y avoir de compromis faits par la communauté hassidique et il va falloir trouver une façon de faire appliquer les mêmes règlements à tous», nous a-t-il expliqué par téléphone.
Le document de M. Lacerte, qui n’a pas été présenté lors de la rencontre de la commission, semblerait toutefois avoir eu des répercussions.
«J’ai entendu dire que le problème de stationnement sur Hutchison s’est vite arrêté. Il ne se stationnerait plus en double pour le moment», dit notre source.
Quant à M. Moffatt, il souhaite continuer à travailler à améliorer le dialogue avec la communauté hassidique. «Il faut viser à rapprocher les communautés», conclut-il.