Le premier test de Marie Cinq-Mars
Assemblée publique du conseil d’arrondissement
Nouvelle mairesse, nouvelles méthodes de travail. La vingtaine de résidants présents à la séance du conseil ont eu droit à une tout autre forme de soirée, ce qui ne les a pas empêchés de poser plusieurs questions à Marie Cinq-Mars.
D’entrée de jeu, Mme Cinq-Mars y est allée du mot de la présidente de la séance, dans lequel elle a édicté quelques-unes de ses priorités.
Elle a parlé de réduction du pouvoir de dépenser des fonctionnaires, du redressement de l’administration faite par Pierre Winner, directeur par intérim de l’arrondissement. Elle a ensuite discouru sur nombre des grands dossiers d’Outremont, qu’elle a admis être encore en train de démystifier. «Je me promène avec mon carnet et je prends des notes lors de mes marches dans l’arrondissement», a-t-elle admis.
«Une soirée d’information à propos des coûts du Centre communautaire intergénérationnel (CCI) est à venir, la date vous sera confirmée», a notamment souligné la nouvelle mairesse. Rappelons qu’une résidante, Annie Chélin avait demandé à au moins trois reprises que la présentation soit faite avant les élections municipales.
Le toit du CCI a aussi été mentionné par Mme Cinq-Mars. «André Olivier [directeur du Service des loisirs et de la culture] a installé par prudence des bâches. Il n’y a aucun danger, c’est la membrane et cela n’a rien à voir avec la structure du toit. […] La membrane sera réparée aussitôt que le temps le permettra». (voir notre autre texte en page 3)
De plus, la mairesse a mentionné avec joie que l’arrondissement s’était doté d’un aspirateur pour ramasser les détritus, appareil qui s’est avéré fort utile lors des grands vents qui ont fait tournoyer déchets et matières recyclables la semaine dernière.
Période de questions
D’une durée respective de 45 et 15 minutes, les deux périodes de questions ont permis à la majorité des résidants présents de réitérer leurs interrogations.
Carlos Lopez, du comité Citoyens-Gare de triage s’est dit être concerné par la table de concertation. «Nous avons dit que nous aimerions faire partie du comité de concertation, mais le maire Tremblay nous a dit non. Par concertation, il nous semble qu’on entend participation aux décisions, pourquoi ne veut-on pas bénéficier de la participation des citoyens?», a-t-il demandé.
«Il y a quand même eu 11 soirées de consultation publique, a signifié la mairesse. André Lavallée [président de la table de concertation] m’a dit qu’après la concertation, où il y a déjà pas mal de gens autour de la table, on retournerait en consultation, mais je ne sais pas exactement sous quelle forme.»
Plus tard, M. Lopez est revenu au micro pour savoir quand est-ce que la table de concertation remettrait son rapport. Mme Cinq-Mars n’a pu lui répondre précisément. «M. Lavallée m’a dit à peu près au printemps.»
Renée Beaudry a obtenu gain de cause. Un arrêt clignotant sera installé aux coins des avenues Laurier et de l’Épée, et une demande a été faite à l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal d’étudier la possibilité d’installer un clignotant à l’intersection de Côte-Sainte-Catherine et Mont-Royal. Elle avait fait ces deux demandes en novembre dernier.
Pierre Lacerte, un résidant de la rue Hutchison a réitéré sa demande de démission de Michael Rosenberg, un membre de la communauté hassidique sur la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires. Pour M. Lacerte et les signataires d’une pétition, M. Rosenberg est indigne de siéger sur cette commission, parce qu’il contreviendrait depuis des années à divers règlements municipaux. Sa requête a essuyé un refus de la part du maire suppléant et président de ladite commission, Louis Moffatt parce qu’il s’agissait de la vie privée de M. Rosenberg. «Je redemande à cette mairesse qui souhaite faire table rase des pratiques du passé de le destituer.»
Mme Cinq-Mars s’est dite gênée de répondre parce qu’une procédure juridique a présentement cours entre M. Rosenberg et M. Lacerte. Il s’agit en fait d’une mise en demeure qui semble en suspens depuis novembre. M. Lacerte a aussi demandé des détails sur un certain voyage à New York avec des membres de la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires et des membres de la communauté hassidique en 2005. «Peut-on avoir la liste des voyageurs? Qui a payé le 200$, qui n’a pas payé et qui a payé plus?», a demandé M. Lacerte. Mme Cinq-Mars a promis qu’elle allait répondre à Pierre Lacerte dans des délais raisonnables.
Céline Forget, de l’avenue Durocher a ajouté plus tard que c’était une entreprise de lobbyiste qui organisait ce voyage et que deux de ses membres siégeaient et contrôlaient la Commission consultative permanente sur les relations intercommunautaires.
Les déchets et les tensions interculturelles ont encore été mentionnés par Pierre Joncas et Manon Boivin. M. Joncas a demandé quel était le nombre de constats d’infractions émis par quartier. «Si on me remet un constat d’infraction pour stationnement illégal, est-ce que c’est du domaine privé ou du domaine public ou du domaine privé?», a-t-il questionné, faisant référence au stationnement illégal présumé de Michael Rosenberg. «Les deux», a répondu Mme Cinq-Mars, refusant d’en débattre en conseil.
Mme Boivin a quant à elle reparlé des déchets lancés des balcons et toits de ses voisins et les bruyantes constructions de sous-sols qui auraient cours depuis quatre ans autour de chez elle. La mairesse a demandé plus d’information et a promis de se pencher sérieusement sur le dossier.
Claude Piquette, qui préside la commission sur la sécurité publique a signifié à Yves Laverdière qu’il allait se traiter en priorité la demande de changement d’heures de stationnement sur l’avenue Stuart, ou réside M. Laverdière. «Par contre, on ne peut pas siéger avant février parce qu’on doit nommer de nouvelles personnes. M Laverdière a présenté une pétition signée par tous les résidants de l’avenue, de Bernard à Van Horne.
Marc Poulin a quant à lui tenu à savoir combien avaient coûté les élections et ce qui allait advenir de l’ilot Saint-Viateur. «S’il y a un plus gros problème avec les Travaux publics [dont l’eau coule des toits], il faut pouvoir les reloger quelque part, et ce pourrait bien être là», a rétorqué la mairesse.
La greffière de l’arrondissement Me Marie-France Paquet a soutenu que les élections avaient été financées à même le budget du greffe de la Ville de Montréal et non pas d’Outremont.
Marc Vanier Vincent, candidat défait de Vision Montréal dans le district Robert-Bourassa, a demandé quels étaient les profits prévus par la hausse de tarification des parcomètres. «À quoi vont-ils servir, à éponger le déficit du CCI?»
Pierre Beaudet, directeur des services administratifs a répliqué que cela ajoutait 300 000$ au budget, mais que cette somme n’aurait pas d’usage spécifique et sera seulement ajoutée au budget de fonctionnement.
Enfin, Christine Hernandez, qui est arrivée troisième pour le poste de mairesse aux élections municipales a demandé plus d’information sur les modifications à la tarification, notamment pour les activités de loisir et les coûts de location de salle au CCI. «Bon an, mal an, on doit réviser nos tarifs et les ajustements reflètent le coût de la vie», a répondu André Olivier. La mairesse a ajouté que ce dernier comparait toujours avec les autres arrondissements et que certains tarifs, notamment ceux du parc Soleil, n’avaient pas été révisés depuis belle lurette.