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La vie, l’écriture

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 31 janvier 2008 à 16:38
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La vie, l’écriture
L’Outremontais Laurent Theillet a fait paraître un recueil de nouvelles, Il paraît qu’il fait froid aux Éditions Vents d’Ouest. (Photo: Courtoisie)
La vie, l’écriture
L’écriture d’un premier livre, les premiers papillons suscités par l’accueil réservé par les lecteurs. En faisant paraître le recueil de nouvelles Il paraît qu’il fait froid, Laurent Theillet fait surgir, brutalement parfois, la conscience de sa propre vie, de ses manques et de ses possibilités.
«Par l’écriture, je veux faire sentir quelque chose, montrer que l’on est souvent en dessous de notre présence. Il y a toujours un petit détail. Comme le personnage de l’une de mes nouvelles qui finit par se rendre compte qu’il aime encore. Pour lui, il est trop tard, mais pas pour le lecteur», explique celui qui réside depuis trois ans à Outremont.

Dix nouvelles, dix histoires indépendantes où les protagonistes seront confrontés à un choc tel qu’il créera une faille permettant à la vie de s’engouffrer. «C’est un livre qui utilise le tragique. Le lecteur peut en tirer autre chose, la tragédie pourrait l’amener ailleurs. C’est comme lorsque l’on est dans une pièce noire. Le lecteur peut décider d’ouvrir les volets et après la lumière est plus vive. On voit que la vie c’est aussi autre chose. Le lecteur n’a pas à prendre la vie comme les personnages, eux ils la subissent, ils se font malmener. Le lecteur a la possibilité de prendre les choses autrement, de vivre mieux.»

Rédigé d’abord au crayon, Il paraît qu’il fait froid a été écrit à un rythme enlevant, l’auteur pouvant y consacrer dix heures par jour. Nulle leçon ou explication simpliste n’accompagne les nouvelles, laissant ainsi une grande liberté aux lecteurs. «Quand j’écris, j’essaie de montrer de la vie, ce que l’on est pour émouvoir. La littérature, c’est un miroir. C’est réussi quand le lecteur se reconnaît dans les personnages d’autant plus qu’ils sont différents de lui, qu’il entre dans leur peau.»
Une vie de photographe
Ayant travaillé pendant dix ans comme photographe de presse et d’art, M. Theillet a retrouvé ces dernières années une compagne de longue date, l’écriture.
«Plus jeune, j’aimais les deux, la photo et l’écriture, mais quand on est jeune et qu’on n’a pas vécu grand-chose, la photo, c’est plus immédiat. Il fallait que l’écriture revienne toute seule. À 20 ans, il me manquait un peu d’air pour écrire.»

Il a immortalisé sur la pellicule photographique nombre de personnalités pour différentes publications. «J’ai fait beaucoup de photos de tournages cinématographiques et de studio. Le portrait d’acteurs ou d’écrivains, c’était un peu ma spécialité». Parmi les personnalités dont il a croqué le portrait: Mel Gibson, Arnold Schwarzenegger et Jeanne Moreau!

«La photo n’a pas vraiment compté. Elle a été un métier. Elle a été comme une parenthèse dans ma vie. Encore maintenant, c’est quelque chose de personnel, je la pratique par plaisir», explique celui qui a notamment exposé ses photos d’art à Hong Kong et en Finlande.
Littérature jeunesse
Il travaille présentement à son premier roman, Minus Circus qui s’adressera aux lecteurs âgés de 8 à 12 ans. «Mais un adulte pourra aussi le lire sans le trouver niaiseux». Parmi les thèmes abordés par l’auteur: la joie, la mort, l’amitié et le deuil. «Dans Minus Circus, même dans la douleur, il y a de l’humour. Je ne suis pas aussi brutal que dans mon recueil de nouvelles!»
Montréal, ville d’écriture
Il y a dix ans, le Québécois d’adoption a résidé sur le Plateau-Mont-Royal avant de regagner la France en 1995. «Je n’avais pas vraiment le choix de repartir.» Écrit entre deux îles, la Corse et Montréal, l’eau imprègne le recueil de nouvelles.
Depuis trois ans, il vit au rythme de l’arrondissement. «Montréal est une ville incroyablement vivante! Outremont convient mieux à l’écriture, le Plateau c’est plus pour la photo.»



(Photo: Courtoisie)

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