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Mosaïque de couleurs au Théâtre Outremont

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 30 janvier 2008 à 18:01
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Mosaïque de couleurs au Théâtre Outremont
Le Gala des prix SOBA aura lieu le 2 mars au Théâtre Outremont. (Photo: Éric Carrière)
Mosaïque de couleurs au Théâtre Outremont
La grande fête de la culture noire est de retour pour une deuxième année. Le Gala des prix SOBA conjuguera diversité et éclectisme le 2 mars au Théâtre Outremont. Il honore les artisans de la culture noire québécoise ou canadienne et souhaite rendre hommage à tous ceux qui contribuent à faire découvrir cette culture.
«On aimerait que les gens soient capables de distinguer la communauté noire et la culture noire. La culture noire, c’est quelque chose que l’on vit, peu importe la couleur. Il faut être capable de s’ouvrir sur cette culture qui est présente depuis 400 ans, mais qui semble souvent toute nouvelle», confie Marjorie Morin-Lapointe, vice-présidente du Gala SOBA.

Le Gala SOBA (Sounds of Blackness Awards) entend être au diapason de la mosaïque culturelle montréalaise. «C’est une célébration des artisans, des gens influencés par la culture noire. Ce n’est pas un gala pour une seule communauté.»
Têtes d’affiche
Animé par Varda Étienne, qui a grandi à Outremont, le Gala des prix SOBA décernera une trentaine de prix dans différentes catégories telles que spectacle, athlète, artiste ou groupe R&B, soul francophone, révélation, émission de radio communautaire, DJ, personnalité féminine ou masculine de l’année.

«La culture noire, ce n’est pas la même chose que la communauté noire. Pour certaines catégories, comme celle de la personnalité de l’année, la couleur de peau est importante. Mais, pour d’autres on honore les personnes qui font découvrir la culture noire, peu importe la couleur de leur peau», ajoute Mme Morin-Lapointe.
Un coup d’œil à la liste des sélectionnés permet de constater que le Gala SOBA fait la part belle à la musique. «Au niveau de la culture noire, il faut bien avouer que c’est la musique qui "lead" avec des styles comme le hip-hop, le soul, le R&B ou le jazz. Il y a plus de musique dans cette culture que de personnalités!»

Bien que la métropole soit dotée d’un nombre impressionnant de galas, les organisateurs de SOBA estiment que la culture noire doit avoir une célébration distincte. «Avec notamment le hip-hop ou le rap, la culture noire fait partie de la culture émergente. Plusieurs mouvements culturels ou musicaux importants au Québec proviennent de la culture noire. Les autres galas ont tout notre respect, mais ils sont moins ouverts aux musiques émergentes et à la culture noire en général.»

Avant sa renaissance l’an dernier au Théâtre Olympia, le gala SOBA avait été présenté en 1996 et en 1999. «On considère que l’édition de l’an dernier était vraiment notre premier gala sous sa nouvelle forme.»

Plate-forme pour les têtes d’affiche de la culture noire, le Gala SOBA se veut aussi l’occasion de «faire découvrir de nouveaux talents».
Marginalité
L’animatrice Varda Étienne est d'avis que la communauté noire est encore trop marginalisée dans la société d'aujourd'hui. Elle dit, par exemple, ne pas comprendre qu'en 2008, il n'y ait pas davantage de gens issus de différentes communautés ethniques représentées dans les médias.
Elle s'étonne aussi de ne pas voir de Noirs sur les couvertures de magazine. À l'opposé, elle estime qu'il y a un certain manque de solidarité à l'intérieur de la communauté noire. Elle dit avoir déjà elle-même été «snobée» par ses pairs.

«Parce que mon accent était différent, que j'ai grandi à Outremont et que j'ai fréquenté le collège privé, on disait que j'étais snob, dit-elle. En plus, j'ai épousé un Blanc et j'habite à Candiac.» Pourtant, se défend-elle, «je vais en Haïti régulièrement, mon mari a intégré la culture musicale noire et mes enfants parlent créole et le comprennent».

L'animatrice espère que le gala contribuera à rassembler davantage les membres de la communauté.
Gala SOBA

B:Le 2 mars au Théâtre Outremont
Qu’est-ce que le gala SOBA?
Le Gala des prix SOBA est un organisme à but non lucratif qui a pour but d’honorer les artisans de la culture noire, québécoise et canadienne pour leurs accomplissements au cours de la dernière année, de faire découvrir les richesses de cette culture ainsi que de rendre hommage à tous ceux et celles qui en font la promotion de près ou de loin.

Fondé par le Québécois d’origine haïtienne Ruddy B. Eloi, comédien pendant 15 ans de la très populaire télésérie Watatatow, ce gala récompense à la fois les artistes, chanteurs, athlètes, politiciens et personnalités du monde culturel qui font découvrir toutes les richesses cette culture présente au Québec depuis plus de 400 ans, et ce, peu importe la couleur ou l’origine. Le gala réunira plus de 30 candidats dans une trentaine de catégories différentes.

(Photos: Éric Carrière)

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