Le projet du 831 Rockland
L’immeuble patrimonial du 831 Rockland, qui a été construit en 1912 pour la compagnie Bell et a ensuite abrité le premier collège Stanislas, puis une résidence de dominicains et enfin des bureaux pour professionnels de la santé, est menacé. Il a été vendu et un promoteur veut y ajouter deux étages et y coller un bloc de condos de six étages en verre et béton.
Tous ceux qui ont vu la maquette (on peut la consulter sur le site atlanticrockland.com) sont abasourdis par l’apparence du bâtiment. On estime sa hauteur exagérée. Les matériaux n’ont rien à voir avec l’harmonie plus traditionnelle des rues avoisinantes. L’emplacement est fort mal choisi: le promoteur pourrait obtenir son permis de construire grâce à une anomalie dans le zonage.
Une pétition contre le projet dans son état actuel a été signée par plus de trois cents résidants des rues avoisinantes. On demande le maintien de la vocation résidentielle du segment concerné de l’avenue Rockland (zoné commercial depuis 1992 pour des raisons qui nous échappent), le respect de la valeur patrimoniale de l’immeuble actuel, la réduction à trois étages du bloc de condos et l’utilisation de matériaux (couleurs et textures) en harmonie avec les immeubles voisins.
On ne demande tout de même pas la lune! On demande pour l’arrondissement ce que l’arrondissement lui-même aurait dû demander au promoteur. Et on aimerait à l’avenir être mieux informé des plans de l’arrondissement quand ils concernent de près les citoyens qui auront à vivre avec les changements projetés, susceptibles de leur causer toutes sortes d’embarras: densification du quadrilatère, perte de lumière pour certains, problèmes de circulation et de stationnement, sans parler des imprévus, par exemple si le nouveau propriétaire, puisqu’il en aurait le droit, décide de louer des espaces à une quincaillerie ou à un magasin de chaussures, plutôt qu’à la garderie actuelle…
Un comité a été formé et veille aux intérêts du quartier, tient au patrimoine d’Outremont, à la beauté et au calme de ses rues, en particulier de l’ancien chemin de la Côte-Saint-Laurent (ainsi s’appelait l’avenue Rockland au dix-septième siècle…). Les résidants posent et poseront des questions. Ils ne veulent pas seulement des réponses, ils veulent des changements et qu’on tienne compte de leurs avis. L’arrondissement bougera-t-il? Le promoteur entendra-t-il raison?
(François Hébert, au nom du comité de résidants et des pétitionnaires)