Le loup dans la bergerie
Le 6 décembre dernier, dans une entrevue accordée au Canadian Jewish News, Alex Werzberger, le président de la coalition des organisations hassidiques d’Outremont (COHO), soutenait être en règle en matière de permis. «All of the issues involving synagogues … were resolved years ago. »
Mais après des années d’impudentes dénégations, l’épaisse carapace du président du COHO vient de craquer. Si ma voisine d’en face qui consacre toute sa vie à sa flopée d’enfants sait et avoue au Téléjournal de Radio-Canada du 26 mai dernier que sa communauté n’a pas le choix de transgresser la loi pour forcer l’implantation de lieux de culte illégaux, M. Werzberger, gros promoteur immobilier impliqué jusqu’au cou dans toutes les affaires de sa communauté, est aux premières loges pour tout savoir cela. Il est d’ailleurs passé implicitement aux aveux dans ce même reportage. Coincé, il blâme les autorités municipales qui les «forceraient» à recourir à l’illégalité. «Nous n’avons pas le droit d’ouvrir de nouvelles synagogues. Il faut qu’on nous donne ce qu’on a besoin (sic) comme tous les autres citoyens.»
S’il soutient que la situation est aujourd’hui intenable, pourquoi cette communauté viole-t-elle le règlement de zonage depuis plus de 25 ans? C’était bien avant le soi-disant boum démographique actuel! C’est la politique du fait accompli qui est ici érigée en système afin de consolider un super ghetto.
Cette communauté ultra pieuse utilise d’ailleurs le même modus operandi à Boisbriand, Val-Morin, Kiryas Joel (dans l’État de New York). Les récriminations se déclinent autour des mêmes thèmes : synagogues illégales, non-respect de la réglementation municipale, bras de fer avec les autorités publiques, intimidation, et cetera.
Cela fait plus de dix ans que nous dénonçons en vain aux autorités municipales ces illégalités flagrantes. La mairesse Marie Cinq-Mars dit aujourd’hui prendre les choses en main. Son témoignage dans le reportage d’Alain Picard laisse craindre le pire scénario: l’absolution et la réhabilitation des délinquants. Mais elle a fait quoi pendant toutes ces années passées au conseil de ville? Nous l’avions mandatée pour veiller au grain et faire respecter les lois qui policent notre société. Avec une telle bergère, les loups ont fait bombance.
Quant à Alex Werzberger, est-il encore seulement pensable et décent qu’on lui permette de continuer à siéger au Comité consultatif d’urbanisme d’Outremont, lui qui reçoit du conseil municipal des pouvoirs d'étude et de recommandation en matière d'urbanisme, de zonage, de lotissement et de construction? Poser la question, c’est y répondre.
Pierre Lacerte, résidant d’Outremont