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Jeanne Auclair, artiste

par Julie Charette
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Article mis en ligne le 20 juin 2008 à 14:36
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Jeanne Auclair, artiste
L’artiste Jeanne Auclair crée toujours dans l’intimité de son appartement outremontais. (Photo: Jacques Pharand)
Jeanne Auclair, artiste
Une rétrospective témoignant de 58 années de création, un rendez-vous lancé par le musée des maîtres et artisans du Québec à l’artiste outremontaise Jeanne Auclair. L’oeil pétillant, la jeune octogénaire ouvre les portes de son atelier à l’Express d’Outremont. Incursion chez une artiste dont les œuvres sont empreintes d’une étonnante jeunesse.
«La création, c’est depuis toujours. Quand je ne fais rien pendant une journée, il me manque vraiment quelque chose. Quand on peint, on se sent nourri et habité», mentionne Jeanne Auclair.

Le musée des maîtres et artisans du Québec, situé dans l’arrondissement Saint-Laurent (615, avenue Sainte-Croix), est dédié à la valorisation du patrimoine culturel québécois. Les curieux sont invités au vernissage de l’exposition Jeanne Auclair, artiste et artisane qui se déroulera le 22 juin à 14h.

Au total, 42 pièces, dont 12 tapisseries, deux mosaïques, 21 peintures et sept gravures seront exposées jusqu’au 7 septembre au musée des maîtres et artisans du Québec, qui publiera par la même occasion un cahier des métiers d’art sur Jeanne Auclair. Artiste multidisciplinaire de renommée internationale, l’artiste s’est adonnée tant au dessin, à la gravure, à la peinture qu’à la mosaïque et à la tapisserie.
Parcours d’une femme d’avant-garde
Après des études à l’École des beaux-arts de Montréal sous la gouverne notamment d’Alfred Pellan et de Stanley Cosgrove, Mme Auclair travaille à l’illustration de diverses publications, telles que des livres pour enfants et des revues. Elle confectionne aussi de 1953 à 1955, les têtes des marionnettes de l’émission Pépinot et Capucine.
Un voyage de noces au Mexique lui fait découvrir l’art de la mosaïque. S’ensuivra une effervescente période de création d’objets décoratifs en mosaïque ou de pièces murales. «J’ai eu le goût des murales. J’ai toujours eu le goût des grands formats», signale celle dont les œuvres éclatantes se déclinent effectivement souvent en grandes dimensions.

Diverses œuvres de l’artiste sont d’ailleurs accessibles au grand public. Les Professions, une œuvre en pierres naturelles conçue en 1963 orne toujours le hall d’entrée de l’édifice situé au 801, Sherbrooke Est. À l’invitation d’Alfred Pellan, l’artiste a réalisé les murales apposées sur les piscines de deux particuliers, les frères Miron. Aujourd’hui, ses œuvres se retrouvent dans nombre de collections publiques et privées aux États-Unis, en Europe, au Chili et en Arabie Saoudite.
De l’éclat du verre à la douceur de la laine
«Pendant une année sabbatique en Europe, j’ai découvert la tapisserie. Ah! Casser de la mosaïque, je n’avais pas de goût pour cela. Et puis, j’avais les mains rudes et un jeune bébé! Mon mari et moi, on s’est dit que la laine serait moins rude que le verre et on est tombé dans la laine», raconte celle qui a partagé 20 années de vie et de création avec Louis Auclair.
Après une décennie consacrée à la mosaïque, Jeanne Auclair se lance dans la tapisserie murale. Boucles, crochetages et torsades de laine ou de fibres naturelles composent dorénavant ses œuvres. L’artiste continue cependant de voir grand! Jardin d’été, une tapisserie de deux mètres par deux mètres qui se trouve actuellement au Manoir Outremont sera d’ailleurs exposée de façon permanente au musée des maîtres et artisans du Québec.

L’exposition consacrée à Jeanne Auclair permet à la tapisserie, un art quelque peu relégué aux oubliettes, de prendre place avec éclat dans le patrimoine artistique québécois. «Ce n’est plus le temps de faire des expositions de tapisserie. Ce n’est plus en vogue», mentionne sans une pointe d’amertume Mme Auclair.

Dans les années 1990, l’artiste renoue avec la peinture et réalise, entre autres, des collages laissant une large place aux mots.

Aujourd’hui, dans son appartement outremontais, Mme Auclair assemble coquillages, roches, bois d’épaves et feuillages provenant des grèves de la Gaspésie. Certaines créations de l’infatigable artisane seront en vente à la boutique du musée des maîtres et artisans du Québec.

(Photo: Jacques Pharand)

(Photo: Jacques Pharand)

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