L’art de la flore
Des plantes dessinées avec force de détails et de précisions à la mine de plomb. Une intrigante invitation lancée par l’artiste Jacqueline Valenti-Janniello avec l’exposition Mythologies des plantes médicinales amérindiennes du Québec et du Canada présentée à la maison de la culture du Plateau-Mont-Royal jusqu’au 16 août.
«Après avoir vu mes dessins, on ne regarde plus les fleurs sauvages de la même façon. Je les ai reproduites dans les moindres détails et je leur ai redonné toute leur délicatesse sur le papier. Aujourd’hui, les gens ne prennent plus le temps de dessiner avec tant de recherche, même dans ce qui paraît défraichi. La beauté d’une feuille un peu abîmée prend tout son sens sur le papier. C’est la vie que je donne aux plantes», explique Mme Valenti-Janniello.
Outre la dimension artistique du travail artistique, la douzaine de dessins exposés à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal (465, avenue du Mont-Royal Est) comporte aussi un caractère didactique. L’exposition, tel un herbier à grandeur humaine, représente des plantes indigènes aux propriétés médicinales. «En faisant et en exposant ces dessins de plantes, je les fais alors entrer dans le patrimoine». L’exposition Mythologies des plantes médicinales amérindiennes du Québec et du Canada est alors ancrée dans un souci de préservation et de mémoire.
Mme Valenti-Janniello a dans ses cartons plus d’une centaine de dessins de plantes médicinales amérindiennes. Pour ce faire, des heures de recherche dans les livres accompagnées de promenade dans les bois ont été nécessaires. «Il a fallu aller dans les sous-bois pour chercher les fleurs qui m’intéressaient. Après les avoir dessinés, j’en ai planté quelques-unes dans mon jardin!», mentionne l’artiste âgée de 74 ans.
Variations au crayon à mine
Les dessins ont été réalisés au crayon à la mine de plomb. «Pour moi, la couleur ne rendait pas la sensibilité que j’ai réussi à donner par les teintes de gris. Le gris, c’est toujours une couleur. Je suis allée à contre-courant. C’est un choix de caractère. Leonardo Da Vinci disait que dans la couleur on peut camoufler, mais que dans le noir et le blanc on ne peut pas. Il y a là une vérité.»
Durant ces soixante années de création, l’Outremontaise de naissance a notamment touché à la mosaïque byzantine, à la marqueterie, à l’ébénisterie et au travail de la glaise. «Jeune, j’étais très moderne, à la Matisse. C’est plus tard que j’ai commencé à redonner doucement à la nature ce qui lui appartenait.»
Mme Valenti-Janniello a fréquenté l’École des beaux-arts de Montréal de 1954 à 1958. Elle a ensuite étudié cinq années durant à l’Académie des beaux-arts de Ravenne en Italie. «Je suis allée étudier et j’y ai trouvé l’amour!» Elle regagne Montréal après un séjour de 12 ans en Italie.
Ayant une cinquantaine d’expositions à son actif, Mme Valenti-Janniello prendra aussi part à une exposition collective présentée du 9 au 17 août au Centre Leonardo da Vinci (8350-8370 boulevard Lacordaire).
(Photo: Jacques Pharand)