L'Homme de la Paix
L'artiste peintre Jean-Daniel Rohrer est essentiellement connu pour ses toiles, pour ses œuvres à deux dimensions. Mais l'Outremontais se livre parfois à la sculpture, comme il le confie. À la demande de la Ville de Montréal, il a bien voulu donner une troisième dimension à un personnage de l'un de ses tableaux pour créer la sculpture L'Homme de la Paix, un bronze que Montréal offrira à la Ville d'Hiroshima pour souligner dix ans d'amitié.
En 1998, au moment de la signature d'un protocole d'entente prévoyant une étroite collaboration entre les deux villes, les autorités d'Hiroshima ont offert en cadeau à la Ville de Montréal la «Cloche de la Paix». Ce symbole d'amitié et de paix éternelles trône dans le jardin japonais du Jardin botanique. C'est maintenant au tour de la métropole québécoise d'offrir un présent à sa jumelle.
«Les villes de Montréal et d'Hiroshima entretiennent des relations
privilégiées depuis maintenant dix ans. Nous souhaitons maintenir et
développer notre collaboration afin, notamment, de poursuivre nos efforts pour contribuer à la paix mondiale durable», a déclaré le maire Gérald Tremblay.
Pour marquer l'anniversaire de la signature du protocole d'entente, et pour rendre hommage à sa façon à la population d'Hiroshima, la Ville offrira donc au maire Tadatoshi Akiba, au nom des Montréalais, la sculpture L'Homme de la Paix.
L'œuvre est signée par l'artiste montréalais d'origine suisse Jean-Daniel Rohrer. C'est lui qui, l'an dernier, avait été choisi pour la réalisation de l’œuvre Montréal, ville de paix, un tableau aujourd'hui accroché dans le bureau du maire Tremblay. Cette toile, à l'instar des autres oeuvres récentes de l'artiste, a comme particularité d'avoir en son centre un personnage stylisé. C'est cette silhouette filiforme qui est devenue le sujet de la sculpture de bronze.
«Cette sculpture, c'est une extension de mon travail, une extension de mon personnage», note Jean-Daniel Rohrer, visiblement très fier d'avoir été choisi pour créer l'œuvre qui fait près de trois mètres. Elle sera dévoilée en octobre alors que le maire d'Hiroshima débarquera à Montréal à la tête d'une importante délégation japonaise.
Créer cette sculpture, «c'est vraiment génial», lance l'artiste.
«Je suis né en Suisse en 1960, souligne-t-il. Je suis de cette génération qui a beaucoup entendu parler de la guerre.»
Jean-Daniel Rohrer parle de l'empreinte indélébile laissée par le visionnement, alors qu'il était jeune, de Nuit et brouillard, le documentaire d'Alain Resnais portant sur l'Holocauste. Il évoque Pluie noire, le film de Shohei Imamura relatant la tragédie du 6 août 1945, le jour où la première bombe atomique a dévasté Hiroshima.
Créer une œuvre véhiculant un message de paix est tout à fait en lien avec son travail. «Toute ma démarche artistique tourne autour de trois thèmes, explique Jean-Daniel Rohrer : les figures humaines, la mémoire et l'amour, la passion.»
«Je suis un idéaliste, dit-il. Si je peux contribuer au message de paix. Je trouve ça formidable.»