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Sainte-Madeleine d’Outremont

1908-2008

Article mis en ligne le 31 décembre 2008 à 10:47
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Sainte-Madeleine d’Outremont
1908-2008
Voici le résultat du concours organisé par le Comité du centenaire de la paroisse Sainte-Madeleine d’Outremont, 1908-2008, et que L’Express d’Outremont a généreusement accepté de commanditer en offrant de publier les trois textes primés en cette période festive de l’année.
Les participants devaient répondre à la question suivante: «Comment voyez-vous la paroisse Sainte-Madeleine dans cent ans?», c’est-à-dire en 2108.

Les cinq membres du jury étaient le père Claude Auger, c.s.v., prêtre administrateur de l’Unité pastorale d’Outremont, Patricia Ann Beaulieu, éditrice de L’Express d’Outremont, Paul Bouthillier, paroissien impliqué depuis nombre d’années dans différents organismes paroissiaux, Karoline Gagnon, marguillier, et Madeleine Dionne-Tousignant, membre du Comité du centenaire.

Voici nos gagnants…
Texte classé premier
Clôture des fêtes du bicentenaire de Sainte-Madeleine d'Outremont
L’Express d'Outremont, lundi 19 novembre 2108

De notre correspondant - C’est devant plus de 1500 paroissiens enthousiastes et en présence de l’archevêque de Montréal, la cardinale Sylvie Beaulieu, que le pasteur de Sainte-Madeleine a ouvert, hier, à l’issue de la messe de clôture du bicentenaire de la communauté chrétienne, la boîte scellée qui avait été déposée dans une voûte par les paroissiens de 2008.

C’est ainsi qu’ils se sont félicités des orientations prises par les paroissiens d’alors qui ont permis à leur communauté de conserver son statut de paroisse la plus dynamique de Montréal. De fait, le virage entrepris en 2008, alors que Sainte-Madeleine s’était centrée sur l’avenir, a grandement favorisé le rapprochement entre l’église et ses fidèles. La vie collective y est animée par une armée de bénévoles et les paroissiens prennent eux-mêmes la parole aux messes dominicales pour témoigner de leur vécu.

Les paroissiens ont de plus découvert que plusieurs des acquis de la paroisse n’étaient pas en vigueur il y a cent ans. Ainsi, la tradition du témoignage personnel a remplacé la première lecture en 2009. La coutume de la messe mensuelle entièrement organisée par les adolescents de 13 à 17 ans a été instaurée en 2015. Par contre, celle du partage du pain des enfants était déjà une caractéristique de la paroisse d’alors.

La clé de ce dynamisme aura été le rapprochement marqué de Sainte-Madeleine des préoccupations actuelles des Outremontais et l’ouverture aux catholiques non pratiquants qui habitent dans la paroisse. Aujourd’hui, près de 200 bénévoles sont engagés dans une catéchèse moderne et sans cesse rajeunie.

Le bâtiment lui-même n’a retrouvé les fresques peintes sur ses murs qu’en 2043. Elles avaient été recouvertes de peinture blanche vers la fin du 20e siècle. Les travaux de restauration ont redonné à l’église sa splendeur d’antan. Sainte-Madeleine est depuis classée au patrimoine religieux du Québec. Son clocher, le plus haut de l’île de Montréal, est le symbole de sa vitalité.

En effet, ce qui, présentement, caractérise le mieux Sainte-Madeleine c’est la grande vitalité de sa vie communautaire, résolument moderne et profondément enracinée dans son milieu.

À l’issue de la cérémonie, le pasteur a scellé la boîte de 2108 qu’il a placée dans la voûte et qui sera ouverte à l’occasion des fêtes du tricentenaire, en 2208.

Nicole Sacy
Texte classé deuxième
Un projet missionnaire pour Sainte-Madeleine
Pour la paroisse Sainte-Madeleine j’espère un projet «missionnaire» concrètement missionnaire, car nous devons chacun travailler à cette mission. J’ai conscience que, à mon «engagement», d’autres vont s’ajouter.

Pour cela dans quelques domaines où nous œuvrons, l’accent doit être mis sur la «rencontre» avec l’autre. Prendre des moyens concrets, à cette fin, afin de rencontrer justement ceux qui ne sont pas parmi nous, que ce soit par la prière ou par des gestes. Par exemple: les accueillir en un repas-rencontre, un soir de fin de semaine, chacun apportant son repas. Écouter, dialoguer et aider... Cela présuppose une bonne communication entre ceux qui accueillent et ceux qui viennent partager leurs attentes, leur solitude ou leurs questions.

Mettre sur pied une ligne ouverte d’écoute. Cela n’est peut-être pas facile à réaliser pour une paroisse, mais à l’échelle de l’Église de Montréal?

Sous toutes ses formes, c’est l’échange véritable qui est important. Dialoguer pour mieux approcher les différences et vivre des moments de rapprochement. Ouvrir nos cœurs et nos portes.

Dans cent ans que sera Sainte-Madeleine, franchement je ne sais... Cependant la certitude que j’ai aujourd’hui, c’est que je suis un maillon de la chaîne et que j’aie la responsabilité qu’il soit solide pour que d’autres puissent s’y accrocher. C’est aujourd’hui que je réponds à l’appel de Jésus. C’est aujourd’hui que je confie mes «graines» à la terre, pour qu’un jour elles portent fruit.

Comme disait le fondateur des Foyers de charité: «Être non seulement fidèle, mais apôtre.»

Jacqueline Dambrine
Texte classé troisième
Que sera Sainte-Madeleine dans cent ans?
Quel sort réserve le prochain siècle à la paroisse Sainte-Madeleine, c’est-à-dire à la communauté chrétienne qui fréquente l’église dont le nom rend hommage à cette amie de Jésus? Les fidèles d’aujourd’hui, même les plus jeunes, auront disparu. Nous pouvons néanmoins espérer que, naturellement transformée, cette communauté aura survécu grâce au transfert aux prochaines générations de l’esprit qui l’anime de nos jours.

La survie matérielle du bâtiment et la rémunération des employés responsables de son entretien dépendent des offrandes des fidèles, des dons des paroissiens et des revenus récoltés aux bazars du printemps et de l’automne, tout autant que de la générosité d’innombrables bénévoles, femmes et hommes. L’ensemble de ces contributions permet de pérenniser en ce lieu de culte trois dispositions essentielles qui sont au cœur même de la vie paroissiale, soit le respect, l’accueil et l’amitié, au sein de la communauté, auprès des voisins du quartier et au-delà de ce milieu restreint.

Par la célébration des messes le dimanche et en semaine tout autant que par celle des cérémonies de passage: baptêmes, mariages, funérailles, les pasteurs, que nous partageons avec la paroisse Saint-Viateur, se dépensent sans compter pour nous accompagner dans nos joies, nous soutenir dans nos épreuves, nous consoler dans nos chagrins, et ceci, malgré un fardeau de travail qui s’alourdit sans cesse. Leur dévouement exemplaire alimente la bienveillance que nous nous témoignons les uns envers autres.

L’intensité de notre attachement envers ce lieu de culte ne doit pas nous faire perdre de vue la primauté de la charité chrétienne dont il est le cadre privilégié : sans la charité, il perdrait tout son sens. Le défi du siècle que nous inaugurerons l’an prochain sera de perpétuer cette charité et de laisser les portes grandes ouvertes à la participation de tous ceux qui, sans contrainte, pourraient souhaiter se joindre à nous.

Que sera devenue cette paroisse dans cent ans? Quels bouleversements culturels, économiques et politiques subira notre société d’ici 2108? Impossible de le prévoir. Toutefois, quelle qu’en soit la forme, si, comme il faut l’espérer, l’esprit qui l’anime présentement survit jusqu’alors, les générations qui en assureront la transmission seront bénies.

Anonyme

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