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Le 1420 Mont-Royal fait des mécontents

Début des consultations publiques

Olivier Arbour-Masse par Olivier Arbour-Masse
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Article mis en ligne le 18 février 2009 à 16:49
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Le 1420 Mont-Royal fait des mécontents
Jocelyne Beaudet, présidente de la consultation sur la transformation de l’ancien bâtiment des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, s'est adressée à une foule de 200 personnes. (Photo: Jacques Pharand)
Le 1420 Mont-Royal fait des mécontents
Début des consultations publiques
Les consultations publiques ont commencé lundi dernier sur le projet de réaffectation à des fins résidentielles de l’ancien bâtiment des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, situé au 1420 de l'avenue Mont-Royal Est. Plusieurs citoyens et experts ont manifesté leur opposition au projet et demandé des explications à l’Université de Montréal relativement à la vente de l’édifice qu’elle acheté en 2003.
Plus de 200 citoyens s’étaient massés au Centre communautaire intergénérationnel d’Outremont pour entendre le promoteur, Construction Frank Catania, présenter son projet, sous la supervision de l’Office de consultation publique de Montréal. Accompagné des représentants des firmes d’architecture et d’urbanisme impliqués dans le projet, il a expliqué comment sa compagnie miserait sur la préservation de l’édifice construit en 1925 lors de sa transformation en un immeuble de 135 unités de logements haut-de-gamme, se vendant entre 700 000$ et 2 millions $.

La façade avant du bâtiment resterait presque intacte. Seule l’implantation de portes au niveau du sol est à prévoir.

La chapelle serait conservée. Elle servirait à des fins communautaires privées et pourrait être ouverte au public à raison d’une fois par mois.

À l’arrière, les promoteurs souhaitent agrandir la fenestration. Des toits verts seraient aménagés sur la vaste toiture, en plus de quelques terrasses. L’entrepreneur désire conserver les artéfacts paysagers comme la statue et les murets de pierre.

Sur le terrain, une cinquantaine d’arbres seraient plantés, sans toutefois altérer la vue sur le mont Royal. Un accès piétonnier à la montagne serait par ailleurs aménagé.
Une vente inévitable
Le vice-recteur exécutif de l’Université de Montréal, Guy Breton, a expliqué les raisons pour lesquelles son institution se débarrassait de l’édifice. Initialement, le 1420, avenue Mont-Royal, acheté au coût de 15 millions $, devait abriter des bureaux et des classes des facultés de médecine, de santé publique, de musique et de géographie. Quelque 1200 professeurs et élèves auraient été desservis par les 20 000 mètres carrés de l’édifice.
«La transaction a été faite rapidement à l’époque», rapporte Guy Breton pour expliquer la sous-estimation des coûts de transformation de l’édifice en pavillon universitaire. L’évaluation initiale chiffrait à 54 millions $ la mise aux normes du bâtiment alors qu’aujourd’hui, elle s’élève à 130 millions $. «C’est deux fois plus élevé que les subventions que le ministère de l’Éducation était prêt à nous accorder», a maintenu le vice-recteur exécutif.

Parallèlement à cela, l’acquisition de la gare de triage a permis à l’université d’élaborer un projet qui palliera dans sa totalité le manque de quelque 40 000 mètres carrés dont elle souffre. «Construire un bâtiment neuf nous coûtera deux fois moins cher» que de revamper l’ancien couvent, a avancé Guy Breton.
De nombreuses oppositions
Plusieurs citoyens et spécialistes ont manifesté leur opposition au projet.
Professeur émérite en urbanisme et architecture à l’Université de Montréal, Jean-Claude Marsan a demandé à M. Breton pourquoi l’Université Concordia avait réussi à recycler le couvent des Sœurs Grises et le Collège Dawson, un édifice de la congrégation de Notre-Dame, mais que l’Université de Montréal était incapable de le faire dans le cas du 1420, avenue Mont-Royal. «Est-ce le rôle de la communauté anglophone de s’occuper du patrimoine francophone?», a-t-il demandé. M. Breton a répliqué ne pas connaître les projets évoqués par M. Marsan et a rappelé que les coûts de transformation étaient «faramineux».

Pour sa part, Louis Dumont, lui aussi professeur à l’Université de Montréal, a qualifié de «honteux» le fait que l’institution universitaire se départisse de cet édifice alors qu’elle compte dans ses rangs «des experts de renommée mondiale en terme de préservation du patrimoine bâti». Il s’est désolé d’assister à un tel «projet de privatisation du flanc nord du mont Royal».

D’autres citoyens auraient aimé voir le gouvernement du Québec ou la Ville de Montréal s’approprier l’édifice. «Aucune institution publique n’a manifesté l’intérêt de l’acquérir», a justifié Guy Breton.

Par ailleurs, le directeur de l’arrondissement d'Outremont, Pierre Beaudet, a rassuré une citoyenne craignant qu’Outremont ait à défrayer des coûts relatifs à la nouvelle vocation de l’édifice.

Les impacts sur la circulation de la venue de 135 ménages supplémentaires dans le secteur en ont inquiété plus d’un, d’autant plus que 222 places de stationnement sont prévues dans le projet. Une étude a été réalisée par la firme d’urbanisme attachée au projet et, selon les résultats obtenus et les projections effectuées, la circulation resterait au niveau A, soit le plus acceptable selon les normes montréalaises.

Le hic, c’est que l’étude a été faite entre le 9 et le 12 juin dernier, alors que la session d’hiver de l’Université de Montréal était terminée. Elle ne tient donc pas compte du trafic étudiant.

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