Cette année encore, les marionnettistes vont tirer les ficelles des Trois jours de casteliers, qui ont lieu pendant la semaine de relâche. Le festival invite cette fois des compagnies étrangères. Un enrichissement pour le milieu québécois, déjà très dynamique.
Pour la quatrième édition des Trois jours de casteliers, il va y avoir du monde: pas moins de dix spectacles, où chaque type de public trouvera son compte. Les enfants, bien sûr, mais aussi les adultes, pour des représentations d'une durée de 30 minutes à une heure.
«Même s'il s'agit d'une forme poétique, dramatique et théâtrale qui existe depuis la nuit des temps, la marionnette connaît un essor extraordinaire depuis quelques décennies», se réjouit Louise Lapointe, fondatrice et directrice générale de l'événement. Elle-même diplômée en arts visuels et en théâtre, elle travaille au Conservatoire d'art dramatique de Montréal comme technicienne de scène et accessoiriste. Sa passion: «Je fabrique des marionnettes!»
Les techniques pour ce type d'art sont multiples: marionnettes à gaine, à fil, à tringle ou sur table, ce qui laisse beaucoup de latitude à la créativité. Louise Lapointe le rappelle: «Les spectacles de marionnettes ne tendent pas forcément vers la comédie. Chaque metteur en scène arrive avec sa propre approche: sérieuse, troublante, fantaisiste, amusante... en fonction de ses intentions artistiques.»
L'objectif du festival est donc de «montrer le travail remarquable d'ici et d'ailleurs», d'autant qu'il existe plusieurs centaines de festivals dans le monde entier. «Les marionnettes sont populaires dans plusieurs cultures», constate-t-elle.
Cette année, les compagnies étrangères invitées viennent de l'Allemagne, du Danemark et de la France. Le Figuren Theater Tübingen, d'Allemagne, est «une des compagnies les plus renommées au monde, dont l'un des membres est professeur à l'école de marionnette de Stuttgart, précise la directrice générale de l'événement. C'est un grand artiste, un virtuose, et nous sommes contents parce que c'est la première fois qu'il se produit au Canada.»
Le spectacle
Salto.lamento est annoncé comme «un éventail de transformations, poétiques et bizarres, créées à partir d’images de
Danses macabres. Un trio de musique, marionnettes et danse…»
La compagnie danoise promet aussi de beaux moments. Le spectacle
Diva, de Sofie Krog Theater, laisse «la folie prendre le dessus», avec cette prouesse du solo: toutes les marionnettes sont manipulées par Sofie Krog.
La compagnie française, Le Théâtre du Mouvement, qui a intitulé ironiquement son spectacle
Les Choses étant ce qu'elles sont, tout va aussi bien que possible¬, propose «l'histoire décalée d'un personnage entre masculin et féminin, qui installe le théâtre de ses souvenirs», et fait travailler des masques et des mimes.
En plus de ces compagnies invitées, les compagnies québécoises, comme celle des Petites Âmes, de Montréal, ou Les Sages fous, de Trois-Rivières, viendront aussi présenter leur création.
D'où vient cette effervescence autour de l'art de la marionnette? Difficile de le savoir. «La place qui lui est faite sur la scène théâtrale au Québec est très importante depuis les années '70», note Louise Lapointe.
Il existe une trentaine de compagnies qui regroupent une centaine de personnes et chaque année depuis quatre ans, les Trois jours de casteliers connaissent un succès plus grand. «L'an passé, nous avions eu plus de 1000 spectateurs, s'enthousiasme la fondatrice. C'est très encourageant et cela rassemble le milieu professionnel.»
Pour ceux qui voudraient s'initier aux techniques, l'association québécoise des marionnettistes propose un stage de formation à la manipulation des personnages. Proposant plusieurs activités de sensibilisation à cet art, le festival sera donc un lieu de découvertes pour les curieux, en plus des spectacles proposés.
Trois jours des casteliers
4 au 8 mars
Théâtre d'Outremont
1248, avenue Bernard Ouest
Info: 514 495-9944 ou www.casteliers.ca