À l'école alternative Nouvelle-Querbes, chaque enfant organise lui-même son horaire, (Photo: Éric Carrière)
École Nouvelle-Querbes
S’inventer une école
Les enfants virevoltent librement d’un local à une autre, à l’école Nouvelle-Querbes. Les enseignants sont au courant, bien sûr, puisque la salle de classe s’étend à l’école au complet. Les plantes poussent sur le bord des fenêtres et les esprits curieux grandissent au même rythme. À l’école primaire dédiée à la pédagogie alternative Nouvelle-Querbes, la valeur et les intérêts de chaque enfant sont le moteur de l’apprentissage.
Les groupes sont multiâges, c’est-à-dire que les élèves du premier cycle (1ère à 3e année) et ceux du deuxième cycle (4e à 6e année) sont regroupés dans des classes à niveaux multiples. «Les enfants font l’expérience de toutes les étapes d’une fratrie, explique la directrice de l’école, Laurence Houllier. Ce regroupement permet de travailler dans un autre contexte que la compétition.» Dans la mesure du possible, les élèves sont dans le même groupe avec le même enseignant pour tout le cycle.
Sous la supervision du professeur, chaque enfant organise lui-même son horaire dans son «carnet de projets», sorte d’agenda, de journal de bord. Il y inscrit les échéances à respecter, y planifie ses périodes de travail ou de lecture. «La matière du programme du ministère est enseignée, bien entendu, mais nous allons beaucoup plus loin, estime la directrice. Il y a plus de place pour le rythme de chaque enfant.»
L’approche par projet est valorisée. Réaliser un film, faire la maquette d’un terrain de sport, présenter un animal, les enfants décident eux-mêmes du sujet et de la forme qu’il prendra. «C’est une façon d’appliquer les connaissances, dit Mme Houllier. Faire une maquette, par exemple, favorise l’apprentissage des formes et des volumes. Les écoliers apprennent grâce à des sujets qui les passionnent.» Encore une fois, ils sont responsables d’organiser leur horaire de façon à ce que les projets et les autres échéances soient réalisés à temps.
Réconciliation école-famille
Lors du passage de L’Express, Isabelle, maman de trois enfants, donnait un coup de main en mathématique à une fillette du premier cycle. Dernièrement, elle a mis sur pied un projet multidisciplinaire dans le cadre duquel les enfants devaient réinventer le conte Blanche-Neige et les sept nains. Certains en ont fait un jeu de ballon, d’autres une émission de radio ou une bande dessinée. S’ils doivent respecter certaines contraintes, leur imagination a carte blanche.
À l’école Nouvelle-Querbes, les parents sont directement impliqués dans la vie scolaire de leurs bambins. Selon la directrice, il s’agit de coéducation entre la famille et l’école. Les parents peuvent aider dans les classes ou mettre sur pied des ateliers spéciaux. «Ils enrichissent l’enseignement. Ils s’investissent beaucoup malgré leur vie active» souligne Mme Houllier.
Les défis à venir pour l’école Nouvelle-Querbes? Poursuivre notre travail, dit simplement Laurence Houllier. Nous voulons continuer à être un milieu enrichissant, à offrir une pédagogie centrée sur l’enfant et la réalisation de ses projets.»
Une série d'articles
À Outremont, sept écoles publiques se disputent la faveur des parents. Les établissements de l’arrondissement se démarquent par la variété de leurs projets éducatifs. L’Express en a parcouru les corridors bruyants et propose une visite guidée de chacune d’entre elles, du primaire à l'éducation aux adultes. Cette semaine: l'école primaire Nouvelle-Querbes.
RIAH Abdelatif
Commentaire mis en ligne le 30 avril 2009J'ai beaucoup d'admiration pour les innovateurs quand leurs projets ne se transforment pas en des activités loufoques ou du folkhlore.L'éducation des enfants est une mission des plus nobles et des plus délicates et à cet effet,on n'a pas le droit de prendre ses rêves pour la réalité et tenter son "expérience"sur des innocents qui ne demandent rien à personne si ce n'est une prise en charge effective et réelle de leurs besoins ...Une formation à la carte est une entreprise perilleuse, avec en bout de course beaucoup de risques pour une majorité.Celle qui vit autre chose ailleurs avec leurs familles.Il y a un grand interêt à IMPLIQUER les familles et à les faire partager le beau rêve que l'on s'apprête à réaliser..Bonne chance quand même.