À l'édifice Cardinal, le renouveau pédagogique est à l'honneur! En obtenant en un an un diplôme en métier semi-spécialisé, les élèves peuvent intégrer rapidement le marché du travail. (Photo: Éric Carrière)
Cibler l’intelligence
École secondaire Saint-Laurent, édifice Cardinal
Moitié cours, moitié stage. Parce que tous n’apprennent pas de la même façon et que la pratique sied mieux à certains, il existe un parcours d’études secondaires méconnu mais bien vivant: la formation axée sur l’emploi. Dans l’édifice Cardinal de l’École secondaire Saint-Laurent, les étudiants de 15 ans et plus font l’apprentissage d’un métier tout en étudiant les matières au programme.
«Les gens croient à tort que Cardinal est une école à vocation spéciale, affirme le directeur adjoint, Alain Lavoie. Pas du tout! Nous offrons un parcours offert par le ministère dans le cadre de la formation secondaire. Ça fait partie du renouveau pédagogique.»
La formation axée sur l’emploi permet aux jeunes d’apprendre un métier semi-spécialisé. «Commis, assistant-garagiste ou préposé dans un salon d’esthétique: les métiers offerts sont un peu les assistants des professionnels ayant des DEP [Diplôme d’études professionnelles]», explique M. Lavoie.
Ce parcours est méconnu puisqu’il est tout nouveau. Cette formation est offerte pour la première année à l’école Cardinal, sur le boulevard Dollard. Présentement, 80 élèves peuplent les corridors de l’établissement, mais la direction prévoit une hausse de l’achalandage. «Pour l’année 2009-2010, nous attendons 125 élèves et près de 150 autres pour l’année suivante, affirme le directeur adjoint. C’est une grosse croissance! Il va falloir adapter nos locaux. Les architectes sont déjà au travail.»
Alternance travail-étude
Deux voies s’offrent à l’élève qui choisit de s’inscrire au parcours de formation axée sur l’emploi.
Environ la moitié des élèves suivent le programme d’un an qui mène à l’obtention d’un diplôme en métier semi-spécialisé et qui permet d’intégrer rapidement le marché du travail. Les jeunes font alors un stage non-rémunéré d’octobre à juin dans l’entreprise de leur choix. «L’école approche les entreprises, explique M. Lavoie. Nous avons déjà des partenariats avec certaines. Deux enseignants s’occupent de faire la recherche de stage et de négocier les conditions.»
Les autres étudiants suivent une formation préparatoire à l’emploi de trois ans, pendant laquelle les élèves exploreront plusieurs métiers.
Dans les deux cas, la portion académique est très importante, mais elle est plus axée sur la pratique. «Pour le français et les mathématiques, nous suivons le même rythme que toutes les écoles secondaires. Par contre, si un élève fait face à un problème dans son stage, avec une caisse enregistreuse par exemple, l’enseignant va lui proposer des exercices de mathématiques qui vont l’aider à mieux la comprendre», illustre le directeur adjoint.
Intelligence différente
La formation axée sur l’emploi cible les jeunes qui ont besoin de manipuler pour apprendre, clientèle qui n’a pas toujours été chouchoutée par l’école. «C’est un élément très positif de la réforme scolaire. Elle reconnaît les différents types d’intelligence. Avec plusieurs parcours disponibles, les jeunes peuvent exploiter leurs forces plus rapidement», estime le directeur adjoint.
«Ce sont souvent les parents qui sont réticents à envoyer leur enfant ici. En quelque sorte, ils doivent faire le deuil de l’enseignement régulier, poursuit M. Lavoie. Mais une fois que leur enfant commence à vivre des succès et que le niveau de motivation monte, ils comprennent que c’est une école qui lui convient. Enfin, c’est l’école qui s’adapte aux jeunes et pas l’inverse!»