Une demande a été déposée à la ministre de la Culture pour classer l'ancien couvent du 1420, boulevard du Mont-Royal Ouest, comme bâtiment pratimonial. (Photo: Archives)
L'opposition s'organise
1420 Mont-Royal
En plus de s'unir sous la bannière du «Rassemblement pour la sauvegarde du Pavillon 1420, boulevard Mont-Royal», les opposants au projet de transformation de l'édifice appartenant à l'Université de Montréal ont formulé une demande de classement du bâtiment comme bien culturel.
«Le but est de classer l'édifice et son contenu parce qu'ils méritent d'être classés et protégés, tout simplement», explique à L'Express d'Outremont Daniel Turp, professeur à la faculté de droit de l'Université de Montréal et un des initiateurs de la requête. Adressée à la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCF), Christine St-Pierre, la demande a été déposée le 17 mars et rendue publique le 14 avril.
Une classification patrimoniale rend plus difficiles les modifications apportées au bâtiment, puisqu'elles doivent être approuvées par le ministère. «C'est tellement important dans une société où on tend à négliger notre patrimoine. Et bien sûr, notre demande s'inscrit dans une démarche plus vaste», poursuit Daniel Turp, faisant référence à la volonté du rassemblement d'empêcher la vente de cet ancien couvent de la Congrégation des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie.
«Le 1420, c'est une valeur de patrimoine bâti, mais c'est aussi beaucoup de patrimoine immatériel. C'est l'histoire de ces femmes et de leur enseignement qui se reflète dans ce bâtiment. Comme société, on a le devoir de protéger patrimoine religieux», fait-il valoir. L'ex-député ne croit pas qu'un promoteur privé puisse protéger convenablement cette valeur patrimoniale.
«Le fait que le bâtiment soit classé n'empêche absolument pas une transaction d'un propriétaire à un autre, a expliqué Jean Bissonnette, directeur du patrimoine et de la muséologie au MCCF sur les ondes de CIBL Radio-Montréal, le 14 avril. Ce qui nous intéresse lorsqu'un bien est protégé en vertu de la loi sur les biens culturels, c'est que la ressource patrimoniale et architecturale soit protégée pour les générations futures.»
Le promoteur appuie
Pour sa part, l'acheteur potentiel et promoteur F. Catania a fait connaître son appui à la démarche de classification. «Notre intérêt à conserver la chapelle et les parties historiques du bâtiment était déjà connu par les gens qui sont au courant du projet», a expliqué le chef de direction du groupe immobilier, Paolo Catania, lui aussi sur les ondes de CIBL. Son groupe souhaite transformer l'ancien couvent en condominiums de luxe.
«Je prends cet appui avec un grain de sel. Est-ce qu'ils disent ça juste pour obtenir la sympathie d'un public qui est appelé à donner ou non son autorisation à ce projet?», questionne Daniel Turp.
Le ministère a indiqué à l'ex-député que quelques mois seraient nécessaires avant d'avoir une réponse quant à la demande de classement. D'ici là, le rapport de l'Office de consultation publique de Montréal est attendu aux environs de la mi-mai.