(Photo: Jacques Pharand)
L'Université de Montréal choisit la vente
Malgré les recommandations de l'OCPM, l'UdeM veut vendre le 1420 Mont-Royal
L'Université de Montréal fait fi de la recommandation principale du rapport de l'Office de consultations publiques de Montréal (OCPM) dans le dossier du 1420, avenue Mont-Royal. La direction a fait savoir, jeudi matin, qu'elle compte procéder sur-le-champ à la vente de ce bâtiment historique.
Dans son rapport déposé le 11 mai, la commission suggère à l'université de considérer les nouvelles options qui s'offrent à elle pour financer la conversion de l'ancien couvent des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie en pavillon universitaire. L'université s'était résolue à vendre l'ancien couvent, acquis en 2003, invoquant des coûts de réaménagement trop élevés et un manque de subventions gouvernementales.
Mais voilà que «la disponibilité récente de fonds du gouvernement fédéral pour les ''infrastructures du savoir'' et du gouvernement du Québec pour le maintien d'actifs et de rénovation des immeubles dans le domaine de l'éducation apporte un nouvel élément au dossier dont il faut tenir compte», fait valoir le rapport.
Or, l'Université de Montréal refuse de prendre le temps d'analyser cette alternative. «Ces démarches ne correspondent pas aux priorités de développement de l’Université qui ne souhaite pas, par conséquent, reporter la vente de l’édifice», explique la direction de l'institution par voie de communiqué.
L'université explique qu'elle a déjà déposé plusieurs demandes dans le cadre du programme fédéral et que la date limite pour ce faire était à la fin du mois de mars.
Et dans le cadre du programme québécois, «les montants consentis à l’UdeM (…) seront consacrés à des projets urgents et nécessaires tels que la rénovation de salles de classes», poursuit le communiqué.
Les objectifs de l'université sont clairs: le développement du site de la gare de triage, à Outremont. «Les priorités immédiates pour l’UdeM, en matière de développement des espaces, sont le développement d’un pôle des sciences pour loger convenablement les départements de sciences naturelles qui fonctionnent à présent dans des conditions intenables, peut-on lire dans le communiqué. Ces départements nécessitent la construction de bâtiments neufs et le seul site qui puisse répondre à ce besoin est celui de la gare de triage d’Outremont.»
«Comportement indigne»
Représentant du Rassemblement pour la sauvegarde du pavillon 1420, Mont-Royal, Daniel Turp est outré. «Ce n'est rien de moins qu'un comportement indigne de l'université, gronde-t-il. Il y a un office qui a entendu des citoyens et des groupes. Cet office fait des recommandations qui vont dans le sens de 90% de ceux qui ont parlé et moins de 48 heures après que les recommandations soient formulées, l'université les rejette du revers de la main.»
Il promet que son rassemblement ne baissera pas les bras. «Qu'ils attachent leur tuque, avertit-il. On sera sur tous les fronts pour dénoncer leur attitude anti-démocratique.»
Il assure qu'il profitera de toutes les tribunes. Pour ce faire, la journée du 25 mai sera déterminante alors qu'en après-midi se tiendra l'assemblée universitaire et, en soirée, le conseil de ville de Montréal.
Pour sa part, le responsable des communications de l'OCPM, Luc Doray, rappelle que son office n'a qu'un pouvoir de recommandations. «Nous, on avance une hypothèse, mais c'est à l'Université à prendre sa décision, à la présenter et à la défendre sur la place publique», explique-t-il.
L'étape ultime
Rappelons qu'avant que la vente soit complétée au promoteur immobilier Construction F. Catania, le conseil de ville de Montréal doit voter deux changements de règlement nécessaires à la réalisation du projet de 135 condominiums de luxe. L'arrondissement historique et naturel du Mont-Royal ne permet actuellement que la présence de grands équipements institutionnels.
Plus de détails dans la prochaine édition de L'Express.