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Préserver la vocation institutionnelle

Dépôt du rapport sur les consultations publiques du 1420 Mont-Royal

Olivier Arbour-Masse par Olivier Arbour-Masse
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Article mis en ligne le 14 mai 2009 à 7:00
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Préserver la vocation institutionnelle
Le 1420, boulevard Mont-Royal Ouest devrait conserver sa vocation institutionnelle, croit l'Office de consultation publique de Montréal en regard des consultations menées en février. (Photo: Jacques Pharand)
Préserver la vocation institutionnelle
Dépôt du rapport sur les consultations publiques du 1420 Mont-Royal
«La commission aurait préféré que la vocation institutionnelle du 1420 boulevard Mont-Royal soit préservée», conclut le rapport sur les consultations publiques rendu public lundi. La commission d'audiences publiques juge toutefois que le projet de réaménagement de l'ancien couvent en immeuble résidentiel «est acceptable et recevable» en dernier recours.
En regard des 35 mémoires déposés, de la pétition de 1100 noms s'opposant à la réaffectation du bâtiment et des interventions survenues lors des audiences publiques, l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a signé un rapport défavorable au projet du promoteur privé Construction F. Catania. «Une majorité des personnes entendues refuse la conversion et la vente du bâtiment à des intérêts privés», notent la présidente Jocelyne Beaudet et le commissaire Arlindo Vieira dans leur rapport.

L'Université de Montréal a acquis l'ancien couvent des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie en 2003 avec l'idée d'en faire un pavillon regroupant diverses facultés. Invoquant des coûts de réaménagement trop élevés et un manque de subventions gouvernementales, la direction de l'université a choisi de vendre le 1420, boulevard Mont-Royal Ouest à un promoteur privé.

La commission suggère à l'université de faire une nouvelle tentative de recherche de financement. «La disponibilité récente de fonds du gouvernement fédéral pour les ''infrastructures du savoir'' et du gouvernement du Québec pour le maintien d'actifs et de rénovation des immeubles dans le domaine de l'éducation apporte un nouvel élément au dossier dont il faut tenir compte», stipule le rapport.

La commission invite donc l'Université de Montréal à prendre un sursis de quelques mois afin de s'investir dans la sollicitation des subventions requises pour terminer la rénovation du bâtiment. La direction de l'institution a fait savoir, par voie de communiqué, qu'elle «prendra le temps d’étudier cette suggestion et d’en analyser tous les impacts avant de faire connaître sa décision».
Des réactions
Aux yeux de Daniel Turp, représentant du Rassemblement pour la sauvegarde du

pavillon 1420, boulevard Mont-Royal, l'université n'a pas le choix de respecter cette recommandation. «Il lui appartient de faire des démarches sérieuses, car on n'a aucune preuve que cela a été fait jusqu'ici», avance-t-il.
La mairesse de l'arrondissement d'Outremont, Marie Cinq-Mars, est satisfaite du travail de la commission et de ses recommandations. «C'est sage, croit celle qui s'est prononcée publiquement en faveur du maintien de la vocation institutionnelle du bâtiment. On donne la chance au joueur. On donne la chance à l'université de faire un effort supplémentaire.»

De son côté, le groupe Catania a lui aussi émis un communiqué et déclaré qu'il «entend s'en remettre à la décision de l'Université». Ainsi donc, Catania se montre prêt à attendre le temps que l'université tente de financer le réaménagement du bâtiment en pavillon sans retirer son offre.
Plan B
Si, en bout de ligne, la recherche de subventions échoue, la commission recommande d'aller de l'avant avec la vente du bâtiment au promoteur Catania. Elle considère que le projet de reconversion «respecte les objectifs énoncés dans le projet de Plan de protection et de mise en valeur du Mont-Royal et la Politique du patrimoine de la Ville de Montréal».
Advenant une telle éventualité, la commission émet quelques suggestions à Catania, notamment sur le plan de la préservation de certains aspects architecturaux, comme les coursives et les belvédères. «Toutes les bonifications supplémentaires du projet proposées par l'Office seront intégrées, de concert avec les instances publiques décisionnelles, qu'il s'agisse notamment de la révision de certains matériaux ou éléments architecturaux, d'un aménagement encore plus écologique des espaces de stationnements extérieurs ou de la gestion de l'accès public à la chapelle», a déclaré par communiqué Paolo Catania, le président du conseil et chef de la direction de Catania.
Problème de consultation
En conclusion du rapport, l'OCPM soulève un problème dans le processus de mise en branle de tels projets. «L'opposition au projet exprimée lors de l'audience, et le débat qui a cours dans les médias, sont notamment le résultat d'une absence de consultation concertée sur une visions renouvelée du flanc nord [du mont Royal]», expriment les commissaires.
Lors des consultations publiques qui visaient à évaluer le projet du promoteur Catania, nombreuses ont été les interventions portant plutôt sur la vente du bâtiment.

«La commission recommande que l'aménagement du flanc nord fasse l'objet d'une planification en fonction d'une vision d'ensemble de ce qu'il devrait être dans 25 ans. Cette vision renouvelée devrait faire l'objet d'une consultation publique», conclut le rapport.

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