Autobus hors service nombreux et vitesse élevée du trafic mettent en danger les enfants et piétons des environs du Chemin Clyde. Marie-Claude Langevin en a assez. Les résidents demandent à la ville d'intervenir.
(Photo: Éric Carrière)
Ça roule vite!
Quand vous sortez de Ville Mont-Royal, par où le faites-vous? Les résidents des environs du chemin Clyde sont inquiets face au flot et à la vitesse du trafic automobile devant chez eux. Ils craignent qu'un accident irréparable implique un des nombreux enfants du secteur et demandent à la ville d'agir pendant qu'il est encore temps.
Le boulevard Graham constitue un axe privilégié pour sortir de Mont-Royal en direction sud. «Mais presque personne ne se rend jusqu'à l'intersection Graham-Dresden. D'une part, on ne peut y tourner à gauche, vers l'est. D'autre part, les gens qui veulent aller vers l'ouest passent eux aussi par Clyde ou Brookfield pour éviter les feux de circulation du coin Graham-Dresden», explique Xavier Benarosch, inquiet de la situation.
Accompagné d'autres résidents du secteur, M. Benarosch a interpellé les élus au sujet de cette situation problématique lors de la dernière séance du conseil de ville, le 15 juin. «Certaines rues dans ce secteur sont rendues de véritables pistes de course. Je n'ai pas de fusil de vitesse, mais ça fait au moins du 70 à 80 km/h», les a-t-il avertis.
Les enfants en danger
M. Benarosch estime à 15 le nombre d'enfants sur les quelque 16 à 18 maisons de sa rue. «La plupart d'entre eux en bas de 8 ans», souligne le père de deux filles de 5 et 7 ans.
Désespéré devant ce trafic qui fait peur à ses filles, il a ses propres moyens pour sensibiliser les automobilistes. Il a déniché un panneau jaune signalant la présence d'enfants qui jouent, panneau qu'il installe sur son terrain, près de la rue. «Je ne sais pas comment je vais faire pour apprendre à ma fille à rouler à vélo», lance-t-il. C'est dire à quel point il ne les sent pas en sécurité.
Ça ne date pas d'hier
«Ça fait 12 ans que je me plains à la ville», rapporte Marie-Claude Langevin, résidente de l'avenue Trenton. En 1998, elle avait signalé, par écrit, la vitesse élevée des automobilistes empruntant le chemin Clyde. Un mois plus tard, la ville avait implanté un arrêt obligatoire à l'intersection de Clyde et Trenton.
Une autre plainte écrite, datant de 2003, à propos de la vitesse et le non-respect de l'arrêt était restée sans réponse concrète, selon Mme Langevin. Elle soutient avoir aussi téléphoné à la ville à plusieurs reprises. Bref, cette problématique ne date pas d'hier.
Et récemment, les fréquents passages d'autobus hors service de la Société de transport de Montréal (STM) sont venus alourdir la situation. Sans être restée toute la journée à sa fenêtre, Marie-Claude Langevin a noté l'heure de passage de près de 60 autobus sur la rue Clyde le 9 juin. En plus des dangers qu'ils représentent pour la sécurité des enfants et des piétons, ces autobus dérangent par leur bruit.
Selon la grille horaire de la STM, 29 autobus de la ligne 16 empruntent quotidiennement, sur semaine, ce tronçon de Clyde. C'est donc dire que les véhicules hors service qui se dirigent vers le garage doublent le flot des autobus.
Les véhicules hors service sont ceux des lignes 165 et 535 dont le terminus est situé aux environs du Parc Connaught. Emprunter le boulevard Graham puis la rue Clyde est le «chemin le plus court et naturel pour retourner au garage de la rue St-Denis», soutient Tom Seah, greffier de Ville Mont-Royal et seul représentant de la ville que l'Express a pu rejoindre.
M. Seah reconnaît d'ailleurs que quelque chose cloche. «Clyde est assez large et c'est un sens unique, explique-t-il. Les gens en profitent peut-être pour prendre un petit peu de vitesse.»
Quoi faire?
«On peut faire diminuer les passages des autobus hors service, mais pas ceux ''en service''», a soutenu, lors de la séance du conseil, la mairesse Vera Danyluk, qui a déjà siégé sur le conseil d'administration de la STM.
Aucune démarche n'a encore toutefois été entreprise en ce sens par la Ville, confirme la STM. «Ville Mont-Royal n'a jamais communiqué avec nous pour faire une demande à ce sujet», rapporte Marianne Rouette, responsable aux affaires publiques de la STM.
«Plusieurs autobus passent par Clyde, en effet, ajoute-t-elle. C'est nous qui leur demandons de passer par là. Actuellement on ne peut pas dire si c'est possible d'emprunter un autre trajet.»
«On va voir avec nos ingénieurs s'il n'y a pas moyen de repenser la disposition de la rue pour diminuer la vitesse du trafic», a poursuivi la mairesse.
Par ailleurs, le commandant du poste 24, Vincent Richer, a fait savoir que ses agents de circulation accorderont une attention particulière à ce secteur au cours des prochaines semaines. «On va surveiller la vitesse et le respect de l'arrêt obligatoire», explique-t-il.
Si la vitesse est problématique, M. Richer suggère que la ville mette en place certaines mesures d'atténuation de la vitesse. Si c'est plutôt le respect de l'arrêt qui est négligé, la répression policière par le biais de contravention semble être la seule solution.
Une rencontre avec les citoyens du secteur est prévue le 6 juillet, à 17h30, à l'hôtel-de-ville, pour voir les différentes pistes de solution.
Peu importe celle qui sera adoptée, elle doit l'être rapidement. «Ce n'est pas dans cinq ans qu'il faut faire ça alors que nos jeunes enfants auront l'âge d'être plus prudents, c'est maintenant», conclut Xavier Benarosch.
(Photo: Éric Carrière)