Beaucoup de questions, peu de réponses...
Le 8 septembre dernier, les quelque cent personnes présentes lors de l’assemblée publique mensuelle du conseil de l’arrondissement d’Outremont ont eu droit à tout un spectacle...
Ça fait plus de vingt ans que je participe - en tant que journaliste, fonctionnaire municipal ou, plus récemment, observateur intéressé -, à ces assemblées, mais jamais il ne m’a été donné d’assister à du grand guignol comme ce fut le cas mardi soir dernier. Franchement, ce fut un bien triste spectacle et la démocratie en arrondissement y a fait bien piètre figure.
Non seulement la période des questions a-t-elle viré aux invectives, mais elle aura servi à mettre en lumière l’incapacité chronique de l’administration actuelle de donner des réponses précises à des questions on ne peut plus clairement formulées.
Depuis quelques mois, l’assemblée du conseil est un forum creux où se tient un dialogue de sourds et où le degré de frustration des citoyens est directement proportionnel à l’absence de réponses qu’ils obtiennent à leurs questions. En fait, plus la question est «délicate», plus on tergiverse, plus on remet au lendemain, plus on louvoie, plus on s’esquive, plus on se réfugie derrière des faux-fuyants et de vagues promesses...
Pas étonnant que le ton monte, que les incivilités se multiplient et que les élus, au demeurant directement responsables de la dégénérescence du climat, sentent le besoin de recourir aux patrouilleurs du Service de la sécurité publique pour tenter d’intimider les individus un peu trop insistants.
Les personnes présentes à cette assemblée ont toutes, sans exception, été ahuries lorsque deux patrouilleurs, matraque bien en vue à la ceinture, sont venus se placer de part et d’autre d’un citoyen pour lui signifier à toutes fins utiles de se taire et de circuler.
Nous sommes d’ailleurs en droit de nous demander, si c’est bien le rôle du Service de la sécurité publique d’Outremont - qui coûte aux contribuables de l’arrondissement la modique somme de 563 757,35$ (toutes taxes comprises) par année -, de jouer les «gros bras» auprès des citoyens d’Outremont qui ont le malheur de poser avec insistance des questions «sensibles» au conseil.
Demander aux agents en poste à Outremont d’agir comme cerbères lors des assemblées publiques pour museler les opposants est proprement insultant pour les citoyens qui se donnent la peine de participer aux assemblées du conseil et leur présence musclée porte atteinte à la santé démocratique de notre milieu.
Mardi soir dernier (8 septembre), on se serait cru dans un régime totalitaire qui ne permet que la pensée unique. Menacer d’expulsion les récalcitrants, les tonitruants et les empêcheurs-de-gouverner-en-rond à chaque fois qu’ils «dérangent» est indigne.
À ce que je sache, les membres du conseil d’arrondissement sont élus pour représenter tous les contribuables de l’arrondissement, Y COMPRIS ceux et celles qui les interrogent lors de leurs assemblées publiques et ce, même s’ils leur cassent les pieds. Faire taire ceux qui pensent autrement n’est pas acceptable et ces pratiques, qui descendent en droite ligne de la «grande noirceur», doivent cesser.
(Alain Tittley, candidat Vision Montréal, district Robert-Bourassa
atittley.blogspot.com)