Une lecture erronée ou incomplète
de la situation financière de Ville Mont-Royal
La nouvelle équipe de candidats qui se présentent au conseil de ville de Mont-Royal s'est dotée d'un site web
www.imaginevmr.com). Or en parcourant ce site, à la rubrique enjeux électoraux, on découvre qu'il présente d'une façon erronée ou incomplète la situation financière de notre ville.
Tout d'abord, en parlant de l'augmentation de la dette, il aurait été juste de souligner que la moitié de cette dette a été contractée pour le financement des immobilisations de 2002 à 2005 alors que notre municipalité n'était pas indépendante, et que les décisions de cette nature étaient prises par la Ville de Montréal.
Ce qui frappe plus toutefois, c'est le graphique qui compare la courbe des revenus de la ville avec celle de sa dette à long terme. Or une dette à long-terme doit plutôt être comparée aux actifs qu'elle finance, et à la capacité de la rembourser. Autrement, c'est un peu comme si on disait à un acheteur de maison qu'il doit avoir des revenus de 500 000 $ pour acheter une maison de 500 000 $.
D'après les états financiers de Ville de Mont-Royal, les intérêts sur la dette à long terme ne représentaient que 3,3% de son budget de fonctionnement. Il n'y a vraiment pas de quoi s'inquiéter.
Enfin, le graphique présume que tous les projets mentionnés au Plan Triennal d'investissements pour 2010 et 2011 vont se réaliser intégralement, sans aucune autre source de financement que la dette à long terme. Or la réalité des dernières années a été très différente.
D'une part, plusieurs projets du Plan ne sont pas réalisés, pour différentes raisons. D'autre part, la municipalité a également accès à certaines subventions, et elle peut à l'occasion puiser dans ses réserves dédiées. Il est donc tout à fait tendancieux de prétendre que la dette à long terme augmentera de cette façon.
Enfin, ce document présume que la valeur du rôle d'évaluation foncière demeurera stable, et donc que la ville ne pourra pas augmenter ses revenus sans augmenter les taxes foncières. C'est ignorer le dynamisme de nos concitoyens qui effectuent des rénovations et des nouvelles constructions, ce qui augmente d'autant la base de taxation de la municipalité.
Il est heureux de constater que des citoyens s'intéressent à leur ville et se portent candidats au conseil municipal, mais il serait souhaitable qu'ils étudient un peu plus les finances publiques avant de nous alarmer avec des prévisions qui ne reflètent pas la réalité. Ils pourraient donc codifier cette page de leur site web pour éviter d'induire les électeurs en erreur.
( François Manzanares, Mont-Royal )