«Mais voilà qu’un reflet rouge et or se faufile. Elle approche, on le sent. On l’entend par ce silence admiratif qui précède l’applaudissement et qui surfe sur la foule.»
(Photo: Gracieuseté de Patrick Hally)
D’Olympie à Mont Royal
La ferveur d’une ville en liesse malgré le froid
Les enfants arrivaient en rang en agitant des drapeaux. D’autres avaient fait des torches en carton avec des papiers multicolores. Quelques ados un peu survoltés par une après-midi sans cours étaient gagnés par la fièvre olympique.
Sans doute cette bonne fièvre permettait à chacun d’attendre en piétinant sur place cette flamme courante née à Olympie et qui devait s’arrêter, faire une pause, et changer de torche ici.
Dame Flamme avait du retard, mais une telle visite - une fois dans une vie d’être humain, semble-t-il - méritait qu’on l’attende.
La troupe J Danse «hip-hopait» des chorégraphies roboratives, énergiques, réchauffantes... et musculaires, puisqu’il est toujours question de sport quand on parle de la Flamme Olympique.
Extraordinairement patients malgré le froid, les aînés sont venus très tôt avec le soutien des jeunes bénévoles. Parce que la fête devait «enflammer» toutes les générations de Ville Mont-Royal.
Un après-midi en forme d’émotion
De mémoire de Royaumontais, on n’avait vu un si bel enthousiasme, empreint de respect entre les âges, les personnes. Toutes ces joies partagées, celle d’être là, celle de chanter ou danser, celle de retrouver des amis ou des voisins, ou, tout simplement, de voir autant de gens heureux autour d’un symbole simple : le meilleur de nous-mêmes.
Avant de signer le livre d’or de ce moment historique, plusieurs médaillés olympiques de Mont-Royal avaient répondu présent à l’appel de la Ville pour raconter leur enthousiasme olympique et un peu leur première flamme, leur première fois : Sébastien Lareau (l’Or au tennis à Sydney en 2000), Amélie Goulet-Nadon (le Bronze au patinage courte vitesse à Salt Lake City en 2002), Ève Bélisle (en compétition pour le curling à Vancouver en 2010) et Valérie Grandmaison (trois fois l’Or, deux fois l’Argent, une fois le Bronze en natation paralympique et deux records mondiaux à Beïjing en 2008).
Mais voilà qu’un reflet rouge et or se faufile, disparait entre les arbres sur Laird. Une torche entre deux camions de la caravane publicitaire sur Churchill; le haut d’une flamèche entre deux têtes sur Roosevelt. Elle approche, on le sent. On l’entend par ce silence admiratif qui précède l’applaudissement et qui surfe sur la foule et s’avance encore plus près, bientôt là. La vague est là. Comme la vénus de Botticelli, la flamme apparaît dans son simple appareil en haut d’une torche au design élancé et high tech, au bout du bras d’un homme comme vous et moi, fier de la porter, ému de nous l’apporter... ici.
Sur le chemin de Vancouver
Tout le monde se presse, chacun se sert le service de sécurité limite les débordements à grands renforts de gentillesse envers les importuns. Tout ce passe dans le calme et la joie. La flamme s’éteint, on la rallume et le relais reprend. La caravane s’ébranle quelques minutes plus tard sur le chemin de Vancouver... en passant par Outremont.
Quelques uns avaient la gorge serrée tant ce symbole est fort et rare. Ville Mont-Royal aura eu l’immense honneur d’être l’une de 1065 villes hôtes dans tout le Canada. L’accueil fut digne et à la hauteur d’une invitée de marque dont la principale mission est d’éveiller nos esprits à l’humanisme.
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(Photo: Gracieuseté de Patrick Hally)
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(Photo: Jacques Pharand)
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(Photo: Jacques Pharand)
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(Photo: Jacques Pharand)
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(Photo: Jacques Pharand)