La Lune est folle figure parmi la trentaine d'œuvres exposées par Françoise Barraud. (Photo: Courtoisie)
Les bouts du monde en collages
Françoise Barraud n'en finit pas d'épuiser les potentialités du papier. Elle s'empare de ce matériau pourtant modeste, le dédouane de sa finalité première en le chargeant du plus large chromatisme possible, puis le transforme de mille façons allant d'une simple tête d'enfant à de savantes chorégraphies qu'elle fait naître à la surface de ses œuvres.
Ainsi, elle porte plus loin le postulat voulant que «coller c'est peindre», c'est transformer le tactile en pictural, c'est confondre surface, structure et image. Ce mode d'expression, relativement rare au Québec, dit bien la spécificité de la démarche artistique de Françoise Barraud et en confirme la pérennité.
L'artiste use, avec un immense bonheur, des effets de matière, des jeux de texture, de la décantation des formes dans une foule d'analogies plastiques. Issues de ses papiers imprégnés d'acrylique portés au maximum de leur vitalité.
Ces manipulations esthétiques confèrent une corporalité au tableau. À travers une gestuelle syncopée par les nombreuses ruptures du papier apparaissent diverses civilisations faites de légendes amérindiennes ou méditerranéennes, d'entablements orientaux ou de culture votive chinoise. Alors, les repaires figuratifs cohabitent avec les univers abstraits dans un monde tout à fait ludique.
Dans l'œuvre de Françoise Barraud, tout témoigne d'une sereine maturité. Tout est réflexion, traces de vécu, univers intemporel, mise en abîme du présent dans la mémoire de l'enfance pour une magnifique traversée de la vie allant Du bout de papier aux bouts du monde. Une trentaine d'œuvres illustrant 20 ans de collages forment le corpus de cette exposition présentée en novembre à la Galerie d'art Gala (5157, boulevard Saint-Laurent).
<@Rb>Du bout de papier aux bouts du monde
Françoise Barraud
Galerie Gala
Jusqu'au 22 novembre<@$p>
Source: Galerie Gala