Située derrière l’École secondaire Mont-Royal, la maison du 10 de l’avenue Montgomery pourrait faire place à un centre culturel. La décision concernant sa démolition a toutefois été reportée. (Photo: Jacques Pharand)
Maison vacante en sursis
L’avenir de la maison située au 10 de l’avenue Montgomery, où la Ville de Mont-Royal projette de construire un centre culturel, n’est toujours pas déterminé. Le Comité d’étude des demandes de permis de démolition de la municipalité a annoncé, la semaine dernière, qu’il repoussait sa décision de démolir ou non ce bâtiment inhabité.
«Le comité a décidé de ne pas prendre de décision concernant la démolition du 10, Montgomery pour l’instant. Cette décision est reportée à nouveau à une date ultérieure», a indiqué le conseiller municipal et président du comité, Philippe Roy, le 6 décembre.
Les membres du comité d’étude s’étaient penchés une première fois, le 17 octobre, sur la possibilité de détruire la maison. Ils avaient toutefois levé la séance sans se prononcer, et ajourné leur décision au 6 décembre.
«Dans les derniers jours, beaucoup, beaucoup de citoyens sont venus nous voir et nous ont contactés pour nous dire qu’il fallait se donner plus de temps, a expliqué M. Roy. La deuxième raison qui justifie notre report, c’est que nous sentons le besoin de réfléchir de façon plus approfondie aux différentes composantes du dossier, notamment sur le potentiel du terrain et sur le bien commun de la communauté.»
Philippe Roy a mentionné que la décision de démolir ou pas le bâtiment du 10 de l’avenue Montgomery «ne sera pas prise bientôt». «Ça va être en 2007», a-t-il ajouté.
Celui-ci a en outre tenu à souligner que la décision du comité ne sera pas basée sur le projet de centre culturel, qui est discuté uniquement au conseil municipal.
«Les terrains sont très rares à Mont-Royal. La ville a acquis ce terrain en vue de se faire une réserve immobilière pour des projets futurs, dans une optique à long terme», a-t-il poursuivi, précisant que l’emplacement sera zoné «vert» pour l’instant.
Le propriétaire est exproprié
Mont-Royal a déboursé 500 000$ pour acheter la partie est du terrain de l’École secondaire Mont-Royal, située à côté du 10 de l’avenue Montgomery. La Ville a de plus exproprié la maison vacante qui s’y trouve.
Le Tribunal administratif du Québec doit maintenant déterminer le montant que Mont-Royal devra payer au propriétaire, Akram Antonio Saleh. Ce dernier avait acquis la maison au mois de mars, au prix de 460 000$. Il comptait y emménager, après l’avoir transformée en immeuble de sept à dix appartements en copropriété.
«Je n’ai rien contre [un centre culturel], mais s’il ne se fait pas, je voudrais pouvoir ravoir la maison et le terrain. Je ne veux pas les perdre et les voir sur le marché d’ici un an ou deux», dit ce résidant d’Ahuntsic-Cartierville, estimant ses profits à un million $ s’il avait pu y construire des condos.
Selon la mairesse de Mont-Royal, Vera Danyluk, la municipalité a fait plusieurs offres à M. Saleh pour lui racheter sa maison. «À chaque fois, il refusait et augmentait le montant. Comme ça n’avait plus de sens, on s’est tourné vers le Tribunal administratif du Québec.»
Une valeur architecturale?
La maison qui est sise au 10 de l’avenue Montgomery était à l’origine la résidence du concierge de l’établissement d’enseignement voisin. Pour la directrice de l’École secondaire Mont-Royal, Lucie Dumont, son architecture n’a rien d’exceptionnelle.
«Qu’elle soit démolie, ça me laisse indifférente. Je ne pense pas qu’elle ait une valeur architecturale. Elle ne correspond pas à ce qu’est pour moi une vieille maison. L’école en tant que telle a une valeur architecturale. Elle a été construite en 1950 et a une âme.»
Mme Dumont n’a par ailleurs rien contre l’idée de transformer la maison en centre culturel, comme le proposent les élus. «Je pense que oui, la culture et l’école sont proches l’un de l’autre. Je trouve ça intéressant, mais ce n’est pas ma priorité. Si on voulait construire un IGA, je réagirais.»
Langevin Côté, un résidant opposé à la démolition du 10, avenue Montgomery, estime pour sa part qu’il serait «prématuré» de raser la maison sans avoir déterminé ce qui la remplacera. «Détruire un édifice pour des projets encore en l’air, ça n’a pas de bon sens. C’est une belle maison, d’apparence agréable, qui est en bon état. Certains y voient même une valeur patrimoniale.»
Selon lui, le besoin de démolir ce bâtiment n’est pas «démontré», compte tenu qu’aucune étude de coûts et de bénéfices n’a encore été effectuée à propos d’un éventuel centre culturel au 10 de l’avenue Montgomery.