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Entrer au palais de justice par la porte d’en arrière

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Article mis en ligne le 12 décembre 2006 à 5:15
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Entrer au palais de justice par la porte d’en arrière
Je le jure, c’est 15 nouvelles profondes et déstabilisantes puisées à même la faune de la Cour de justice écrites par deux juges et amies, Suzanne Coupal et l’Outremontaise Céline Lamontagne. (Photo: Mio photo)
Entrer au palais de justice par la porte d’en arrière
Elles sont toutes deux juges à la Cour du Québec, elles aiment écrire et inventer, mais elles sont d’abord et avant tout amies. Suzanne Coupal et Céline Lamontagne sortent ces jours-ci Je le jure, un recueil de nouvelles, mais surtout une incursion dans la vie de personnages qui gravitent de près ou de loin dans une cour de justice.
Leurs personnages, qui errent dans le milieu judiciaire par choix ou bien malgré eux, sont le fruit d’une imagination commune. «Parfois, je commence une histoire et Suzanne la termine, ou le contraire. D’autres fois, nous écrivons séparément», raconte l’Outremontaise Céline Lamontagne, une des âmes de cet effort littéraire à qui L’Express d’Outremont a parlé.

Sous les pseudonymes de Clara Marais et Lori Miller, les deux complices ont également écrit un roman policier, Le Sans tache. Pourquoi un pseudonyme? Peut-être pour protéger une identité, mais surtout pour le plaisir. Marais pour le nom de l’amant de l’écrivain Jean Cocteau et Miller pour le romancier américain Henry Miller.

Je le jure, c’est 15 nouvelles profondes et déstabilisantes puisées à même la faune de la Cour de justice. Au fil des pages, on rencontre une juge troublée par une jeune toxicomane, une accusée qui ne peut vivre avec l’assassinat de son enfant, une ancienne prostituée qui hésite à dénoncer son proxénète, une avocate piégée par un témoin, une femme battue qui veut mettre fin à son calvaire, une procureure qui consulte une tireuse de cartes, une femme qui soutient son conjoint accusé d’agression sexuelle et d’autres personnages forts et troublants qui tissent la toile de ces histoires courtes et efficaces.

«C’est de la fiction inspirée. C’est sûr qu’on écrit de choses que l’on connaît, mais ce ne sont pas des histoires vraies […] Chaque fois que quelque chose est inspirant, je l’écris et Suzanne fait la même chose», raconte celle qui habite Outremont depuis 1989.
Une amitié qui dure
Suzanne Coupal et Céline Lamontagne se connaissent depuis l’université. «Nous sommes deux amies, deux complices. Nous partageons les mêmes intérêts, nous nous côtoyons pour le boulot [à la Cour criminelle], nous avons une passion pour les arts, nous avons toutes deux des adolescents, etc.», explique Mme Lamontagne pour qualifier sa relation avec Mme Coupal.
Pour le moment, les deux femmes n’ont pas de projet concret pour un autre livre, mais rien n’est coulé dans le béton. Toutefois, leur métier leur donne une source constante d’inspiration et pourquoi pas situer une des ces histoires à Outremont, quartier que la juge affectionne pour ses grands espaces, sa tranquillité et sa sécurité. «Vous me donnez des idées là», rigole-t-elle.

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