Les yeux brillants, le sourire aux lèvres, les élèves et leur professeur Gérard Ziegler, du collège Stanislas, avouaient leur amour de la Terre en lançant la semaine dernière un site Web dédié à la protection de l’environnement. (Photo: Martin Alarie)
Pour l’amour des enfants et de la planète
Que dit un groupe d’élèves du collège Stanislas pour protéger l’environnement? «Planète je t’aime!» Avec leur enseignant, Gérard Ziegler, les jeunes lançaient la semaine dernière un site Internet
www.planetejetaime.org) dédié à l’environnement, au recyclage et à toutes sortes d’initiatives vertes.
«C’est vraiment une prise de conscience environnementale. Avec les élèves, nous faisons un travail de recherche, nous lisons des articles de journaux et nous en discutons», a expliqué M. Ziegler aux parents, aux élèves et aux membres de la direction présents lors de l’inauguration du site, le 28 mars dernier.
Le professeur, qui a démarré ce projet l’an dernier avec ses élèves aujourd’hui en sixième année, avait écrit une lettre à l’ancien ministre de l’Environnement, Stéphane Dion, pour parler des préoccupations de ses élèves. «Ce n’est pas tous les jours qu’on écrit une lettre à M. Dion et qu’on reçoit une réponse, surtout quand on a dix ans», a raconté l’enseignant, déclenchant les rires de la trentaine de personnes réunies.
Gérard Ziegler a aussi parlé des objectifs de la plateforme Web, qui sont de «sensibiliser enfants et adultes à tout facteur relié à leur environnement, d’acquérir des réflexes qui permettront de diminuer la pollution, de réduire les déchets de toutes sortes et de réaliser des économies sur nos principales sources d’énergie, en adaptant et en changeant nos habitudes de consommation dans nos différents milieux de vie».
Une pétition est aussi disponible en ligne afin de lutter contre la dégradation de l’environnement. «Un jeune est souvent plus touché qu’un adulte. Il a moins de préoccupations et a plus le temps d’agir. Les enfants sont très sensibilisés», a reconnu M. Ziegler.
Le site Internet, égayé de dessins d’élèves, donne aussi des trucs quotidiens, fournis par les jeunes, pour contribuer à améliorer le sort de la planète. «Il faut ramasser les déchets et ne pas les jeter dans la rue, éteindre les lumières, ne pas laisser couler l’eau quand on se brosse les dents», ont signifié avec enthousiasme quelques élèves avant la rencontre.
Les jeunes sont visiblement ravis de prendre part à ce projet avec leur professeur. «On a fait les dessins, on a continué ce qui a été fait l’année passée», fait savoir Charlotte Féral-Basin. «On va répondre aux gens quand ils vont nous écrire sur le site», ajoute son collègue Félix-Antoine de Lorimier.
D’autres projets connexes
En plus du site Web, le groupe vend des sacs de tissu avec le dessin de la Terre fait l'artiste Béatrice Naas- Ziegler, épouse de l'enseignant. «C’est l’association de parents d’élèves qui nous soutient et nous a proposé cette idée. Cela permet notamment de financer notre classe verte en juin», explique l’enseignant.
La classe suivra de plus les aventures de Nicolas Le Roux, un jeune Français inscrit au doctorat en intelligence artificielle à l’Université de Montréal. Cet été, il parcourra 6000 km en vélo avec son frère, de Vancouver à l’Arctique, pour sensibiliser la population aux changements climatiques.
Sur le site de leur périple
www.arctic2007.org), il sera possible de lire le blogue des voyageurs, de visionner des vidéos et de regarder des photos. «Nous allons essayer de rencontrer des populations pour qui les changements climatiques ont de l’influence sur leurs modes de vie », a expliqué M. Le Roux.
Ce dernier était présent au lancement de
Planète je t’aime pour parler aux jeunes et à leurs parents de cette épopée environnementale sur deux roues. «Je suis content parce qu’il y a une bonne participation des jeunes», raconte l’étudiant qui n’a pas, pour le moment, de lien avec d’autres écoles, mais qui souhaite étendre la relation avec les élèves de Stanislas.
Stanislas vers de nouvelles initiatives vertes
L’école fonctionnant selon le système français et qui accueille des élèves de niveaux primaire, secondaire et collégial, a la chance de compter dans ses rangs nombre de jeunes motivés et préoccupés par le sort de la Terre.
«Actuellement, on a des élèves de tous les niveaux qui font des choses. Aux niveaux secondaire et collégial, ils nous sollicitent pour des projets, maintient le directeur général adjoint de l’école, Philippe Warin. Au collégial, par exemple, ils travaillent pour tenter de mettre en place un organisme environnemental, pour rendre le campus plus vert. Je les ai mis en contact avec quelqu’un de l’arrondissement d'Outremont qui est venu les rencontrer.»
Le directeur a encouragé ces jeunes à poser des gestes concrets et à donner une pérennité à leur projet, «pour que quand ils quitteront Stan à la fin de leurs études, ça continue». L’école participera encore une fois, plus tard au printemps, à la corvée de nettoyage de l’arrondissement.
M. Warin souhaite aussi éventuellement être encore plus à l’écoute des élèves qui veulent prendre ce virage vert. Durant la présentation, les élèves et leur enseignant faisaient d’ailleurs remarquer au directeur le manque de bacs à recyclage dans l’école. Un commentaire que M. Warin a pris en note sérieusement. «Ce sont les élèves qui nous poussent et qui sont actifs», se réjouit le directeur.
«L’avenir est dans leurs mains et je fais confiance à l’Homme, les grands comme les petits», a souligné quant à lui avec optimisme Gérard Ziegler durant sa présentation. Avec des jeunes aussi motivés, difficile de ne pas être enthousiaste.